Sunday, August 22, 2010

Les journalistes Fawzi et les rapports de force DRS- présidence


La bonne école
Au début des années 90, les clans mafieux du pouvoir algérien ont créé, de toute pièces : « Des commandos médiatiques » pour légitimer un coup d’Etat et pour diaboliser tout opposant à leur pouvoir totalitaire. Ces cohortes médiatiques étaient recrutées, instrumentalisées et manipulées par lesservices d'un certain colonel Zoubir. Les : « Intellectuels et « Démocrates », hommes et femmes, étaient notoirement connus par les Algériens pour leur appartenance aux plus hautes sphères du sérail algérien. Il s’agissait de rabatteurs du pouvoir et d’opposants de l’opposition.
Qui serait naïf au point de croire que Mohamed Benchicou et Mohamed Abassa, alias Mehdi el Djazaïri, puissent écrire, le premier : «Une imposture algérienne», accuser Bouteflika de toutes les trahisons et de tous les vices et, Mohamed Abassa, l’auteur de : «Poutakhine», qui accuse Khalida Toumi, la ministre de la culture, d’avoir été imposée par des : «Lobbies sionistes», sans avoir de puissants parrains hauts placés dans la hiérarchie militaro-terroriste et politico-financière algériennes ? La sortie : «D’une imposture algérienne», du livre de Mohamed Benchicou, bien qu’interdit, a bénéficié d’un matraquage médiatique, y compris par des journaux notoirement connus pour être aux ordres et à la solde du pouvoir, sans précédent dans l’histoire culturelle algérienne. Le titre interdit à nécessité plusieurs tirages pour répondre à la demande. L’auteur persécuté a animé d’innombrables rencontres de dédicaces dans toute l’Algérie. Est-ce là les marques d’une persécution ?
«Poutakhine», le livre de Mehdi el Djazaïri va-t-il bénéficier du même matraquage publicitaire et du même engouement des lecteurs algériens ?
Les Algériens sont conscients que les clans qui composent leur Etat-mafieux traversent une zone de fortes turbulences : politiques, économique et sociale. Depuis 1958, face aux crises, les brigands politiques algériens règlent leurs comptes par la violence, par l’intermédiaire de commandos armés de Kalachnikov et des intellectuels spécialisés dans des appels aux crimes, la flétrissure des victimes, la glorification des assassins et la légitimation de leurs odieux crimes.
Mehdi el Djazaïri a accusé Khalida Toumi d’avoir été imposée comme ministre par : Des lobbies sionistes . Et, les autres ministres, qui les a imposés ? L’Algérie n’est pas un Etat démocratique, donc ce n’est pas le peuple qui les a désignés ?
En fait, depuis 1958, les gouvernements algériens obéissent, au doit et à l’œil de tyrans invisibles. Le régime algérien est l’un des plus parfaits et des plus réussis régimes : «Néo-colonialistes» d'Afrique. Cependant, la haute trahison des dirigeants algériens et l’histoire d’Algérie ne seront jamais révélées ni écrites par des intellectuels du sérail, trop accoutumés à manger dans les mains de leurs mafieux maîtres.
In http://ecrivainsmaghrebins.blogspot.com/2009/11/
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Samedi 26 septembre 2009
Le colonel « Faouzi », le vrai parrain de la presse algérienne, dégommé!
Le Quotidien d’Algérie.


Nous apprenons que le colonel « Faouzi », le chef d’orchestre de la presse « indépendante » algérienne, et qui lui dictait ce qu’elle devait écrire, aurait été renvoyé dans ses foyers, pour user de cette formule toute militaire.
Cet officier du DRS avait remplacé le Général « Hadj Zoubir », lequel avait été recruté dès se mise à la retraite, par Issaad Rebrab, comme directeur de la communication de CEVITAL. Un geste éminement symbolique, et tout aussi éloquent.
Le Colonel « Faouzi », se revèlera encore plus efficace que son predecesseur, puisqu’en plus de gérer avec brio l’évènement sécuritaire, se distinguera, durant ces dernières années dans un savant dosage de reglements de comptes, distillant l’intox et l’info au gré du vent qui soufflait tantôt en faveur d’un clan, et tantôt en faveur de l’autre.

C’est lui qui donnait le feu vert à ses journalistes « d’investigation » patentés, pour traiter de tel scandale, ou en étouffer un autre. [Omar D. : comme Salima Tlemçani n’est-ce pas ?]

Homme lige des vrais patrons du DRS, et redoutable manipulateur, en plus de ses prérogatives médiatiques, le Colonel « Faouzi » avait d’autres cordes à son arc, puisque sa puissance s’étendait jusques au coeur des ambassades algériennes à l’étranger, où il avait la haute main sur les antennes du DRS au sein de ces représentations.
Son éviction laisse supposer que le clan des frères Bouteflika vient de prendre une autre piece maîtresse dans l’échiquier.
Cette mesure pourrait avoir un lien direct avec les récentes et gravissimes révélations des journaux « Echourouk » et « El Khabar », sur des malversations commises par des proches du clan présidentiel, et même sur des reflexions du Président faites à un ministre lui reprochant de prendre 20% de commissions là où les autres ministres n’exigeaient que 5%. Cette fuite d’un savon, passé en plein conseil des ministres, aurait provoqué un conflit frontal entre le clan des frères Bouteflika et le dernier carré des irréductibles du DRS.
Mais rien n’indique que Salat el djanaza a été dite.
Affaire à suivre.
DB
In http://khiwani.dzblog.com/
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Wednesday, April 07, 2010

LA PRESSE EST LIBRE sauf DEVANT FAWZI

Arezki Aït Larbi. Journaliste : « Le DRS joue un rôle prépondérant dans le contrôle de la presse »

El Watan, 4 avril 2010

- La presse « présumée » indépendante, comme tu le dis si bien, n’a, en définitive, qu’un « seul rédacteur en chef » : le DRS. Jusqu’où cette affirmation peut-elle être vraie ?

Le DRS joue un rôle prépondérant dans le contrôle de la presse, comme de la vie sociale et politique en général. Mais il n’est pas le seul. La responsabilité d’autres secteurs du Pouvoir, comme la justice ou la communication, ne saurait être occultée, même si ceux qui la détiennent légalement ont abdiqué leurs prérogatives dans les faits en se cachant derrière les « traditions » du sérail. Avant de dénoncer les pressions, bien réelles, du DRS ou d’une quelconque autorité, la profession doit d’abord répudier ces réflexes de soumission clanique, d’allégeance tribale et de complicités mercantiles qui garantissent quelques privilèges, mais au prix de graves entorses déontologiques. La responsabilité des patrons de presse est entière ; les plus serviles n’hésitent pas à devancer les désirs de l’autorité, avec comme enjeu essentiel une part de la rente publicitaire. Si l’abus de pouvoir est une réalité condamnable, l’abus d’obéissance, dont il n’est le plus souvent que le reflet, ne l’est pas moins.

- La liberté de la presse (des journalistes) ne serait-elle qu’un mythe ?

Les lois – écrites – de la République, à commencer par le très controversé code de l’information, garantissent au journaliste un exercice relativement libre de son métier. Mais la liberté, pour la presse comme pour le reste, n’est jamais acquise ; elle reste un combat permanent. Ce n’est un secret pour personne que des journalistes, et singulièrement des patrons de journaux, prennent régulièrement leur prêt-à-penser à la caserne de Ben Aknoun, sans qu’on leur mette un pistolet sur la tempe. Au demeurant, ils ne s’en cachent même pas. Pour faire carrière, il est préférable de monnayer une échine flexible que de faire valoir un CV professionnel fait de reportages audacieux, d’analyses pertinentes ou d’enquêtes documentées. Et l’on arrive à confondre entre l’information et la délation. Plus grave, des journaux bien protégés, notamment arabophones, ne reculent ni devant le propos raciste, ni la violation de la vie privée, ni même l’appel au meurtre. Autant de délits qui relèvent plus du code pénal que de la liberté d’expression.

Le parquet, d’ordinaire si prompt à s’autosaisir pour défendre la réputation d’un officiel éclaboussé par quelque scandale, ne se sent pas concerné. Comme la justice sous influence, la presse, peu crédible, passe dans son ensemble pour un simple appendice des appareils politico-policiers. Pour redorer une image écornée, convoquer les martyrs de la profession comme ceinture de chasteté éthique ne suffit plus. Il est temps d’en finir avec le corporatisme de maquignons et les solidarités biaisées pour assumer la confrontation autour d’une valeur essentielle : l’éthique. Une note d’espoir toutefois. Dans les rédactions, de jeunes journalistes jaloux de leur autonomie et attachés aux valeurs qui font la grandeur de leur métier refusent de se laisser entraîner dans le sordide.

- Peux-tu nous raconter les déboires que tu as eus avec les « services » pour te faire accréditer comme correspondant de la presse étrangère, le Figaro notamment ?

J’ai déposé un premier dossier en 1995 comme correspondant de Libre Belgique. Il est resté sans suite. Interrogé par le directeur du journal sur le motif de ce blocage, un diplomate de l’ambassade d’Algérie à Bruxelles répondra : « M. Aït Larbi n’a pas été accrédité parce qu’il appartient à une organisation extrémiste clandestine ! » Une accusation d’une extrême gravité que le préposé à la délation, actuellement ambassadeur dans un pays d’Afrique, refusera toutefois de confirmer par écrit. En 1996, je dépose un autre dossier au nom du Figaro. Le fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères en charge des accréditations m’informe qu’une éventuelle réponse positive était subordonnée à une « entretien amical » avec un certain commandant Fawzi, dont il se proposait de me remettre le numéro de téléphone pour « convenir d’un rendez-vous et prendre un café ».

Pour avoir refusé de me soumettre à cette curieuse procédure qui n’est prévue par aucun texte de loi, mon dossier restera bloqué. Le même sort sera réservé à deux nouvelles demandes, en 1998 et en 2003. Je dois reconnaître toutefois que, même sans accréditation, je travaille toujours librement, sans subir une quelconque pression des autorités. Cela dit, si une carte d’accréditation facilite le contact entre le journaliste et les officiels, elle ne saurait être considérée comme une autorisation d’écrire.

- Il se dit aussi que le colonel Fawzi détient le pouvoir de vie ou de mort sur de nombreux titres de la presse... Que pour obtenir le précieux sésame pour lancer une publication, il fallait rentrer au préalable dans les bonnes grâces du colonel.

En février 2005, j’ai déposé auprès du procureur de Hussein Dey un dossier pour la création d’un hebdomadaire. Première entorse à la loi, le magistrat a refusé de me délivrer le récépissé prévu par le code de l’information. Depuis cinq ans, je suis ballotté entre le ministère de la Justice et celui de la Communication. On a même refusé de me notifier une réponse négative pour me permettre de faire valoir mes droits devant le Conseil d’Etat. L’année dernière, plusieurs nouveaux journaux ont été autorisés à paraître, sauf le mien. Il y a quelques mois, j’ai eu le fin mot de l’histoire. Des fonctionnaires des ministères de la Justice comme de la Communication m’ont avoué que mon cas les dépassait, avant de me conseiller de voir le colonel Fawzi qui, selon eux, est le seul à pouvoir débloquer mon dossier. Je ne connais pas ce colonel et je n’ai aucune raison de me soumettre à une démarche qui n’est prévue par aucun texte de loi. Je m’interroge toutefois sur le mobile de cet acharnement.


Par Mohand Aziri.

[in: http://www.algeria-watch.org]
Chapeau à El-Watan qui sait parfois s'autoflageller.
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Arbitrairement suspendu : La Nation, ce trouble-fête
El Watan, 4 avril 2010
Si, depuis la libéralisation du champ médiatique, les titres de la presse indépendante se sont multipliés, de nombreux journaux, par contre, ont disparu en cours de route, et souvent pour des raisons politiques.
La presse d’opinion est celle qui en a fait les frais, dans la plupart des cas. L’un des titres qui a symbolisé cette presse a été incontestablement l’hebdomadaire La Nation. Un journal qui a été suspendu, en décembre 1996, non pas pour des raisons financières comme voulait le faire accroire le pouvoir de l’époque. Mais il s’agit tout simplement d’une suspension politique. Tout le monde se rappelle le communiqué du ministre de l’Intérieur, Abderrahmane Meziane-Chérif, annonçant la suspension de la publication dirigée par Salima Ghezali. L’argument du ministère de l’Intérieur ? « Parce qu’il portait atteinte à la quiétude publique », a-t-il justifié. Comble de l’arbitraire ! « La Nation a été un journal à part dans un contexte de guerre. Il s’est inscrit à contre-courant de l’ambiance qui dominait l’espace politique et médiatique de l’époque », se rappelle un des anciens journaliste du canard. La Nation avait fait un choix éditorial aux antipodes du discours dominant.
« Chaque semaine, le journal provoque la rage et la fureur de la confrérie (pouvoir), car au moment où tout le monde plaidait la cause du pouvoir, sous prétexte de s’opposer au péril vert, nous, nous défendions clairement la paix. Nous avons clairement affiché notre soutien à la réconciliation nationale, ce qui n’était pas du goût des maîtres du moment », a-t-il ajouté. Pour lui, La Nation se voulait être un journal d’opinion, mais sans pour autant négliger le travail journalistique classique de collecte d’informations. « Contrairement aux autres journaux, qui imposaient à la société une seule lecture des événements, à La Nation nous faisions un travail de pédagogie. Dans une ambiance de confusion, on a insisté sur le devoir du rétablissement des mots qui avaient complètement perdu leur sens. Tous les journaux étaient des journaux d’opinion, seulement certains assumaient courageusement leur choix, d’autres non », se plaît-il à rappeler. Très radical dans sa critique à l’égard du pouvoir, la Nation est devenue une voie discordante et dérangeante qu’il fallait étouffer. 15 ans après son injuste suspension, la corporation ne semble pas encore prête à débattre sereinement de la manière avec laquelle la presse a évolué. Saïd Djafar, un des principaux journalistes de La Nation, a, pour sa part, estimé que « la presse algérienne n’a pas encore évalué cette période. Il faut qu’on ouvre un débat sérieux pour dire comment nous avons travaillé dans un contexte de guerre. Si on ne se parle pas, on ne pourra pas avancer », car il y va de l’avenir du pays et de la démocratie.

[In algeria watch.org]
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Me Khaled Bourayou. Avocat : « On fait du journalisme un métier à haut risque pénal »

El Watan, 4 avril 2010

Quelle appréciation faites-vous des 20 ans de presse libre ?

La presse algérienne a 20 ans d’existence, c’est peu dans la vie d’une presse lorsque l’on sait que la presse en Europe est née aux XVIe et XVIIe siècles, mais c’est aussi beaucoup puisque je ne pense pas que dans l’histoire contemporaine on puisse trouver une presse qui a tant payé : nous avons près de 80 journaliste assassinés. La presse chez nous offrait un projet de société, de liberté, de tolérance et de démocratie. Elle a eu à souffrir des pressions de l’Etat, mais aussi du notable du coin. La presse irrite. Aujourd’hui, s’immiscer dans la gestion publique et des biens de la collectivité, lutter contre la corruption, les malversations, ne peut que déranger. Mais imaginons, un tant soit peu, ce vide sidéral, si elle n’existait pas ; le pays serait une vaste prison, s’il ne l’est pas déjà. Nous avons une presse républicaine, légaliste qu’on trouve le moyen d’avilir, de marginaliser et d’étouffer.

La loi sur l’information (loi n°90-07 du 3 avril 1990 ) a été renforcée quelques années plus tard par un nouveau dispositif...

Revenons tout d’abord à la loi sur l’information du 3 avril 1990, censée être le socle fondateur de la liberté d’expression. Cette loi a été imposée par les événements d’Octobre, par la nécessité d’une ouverture faite d’une façon frileuse, uniquement pour la presse privée, mais pas pour les médias lourds. On avait créé un Conseil supérieur de l’éthique et de déontologie (CSED), éphémère. Pourquoi tout cela ? Pour fermer à jamais toute velléité d’une véritable ouverture. La loi sur l’information avait ses limites congénitales. Le premier qui a détourné cette loi c’est l’Etat. Aujourd’hui, on soumet, en violation de la loi, toute demande d’édition au régime de l’autorisation. Le premier censeur de la loi c’est toujours cet Etat. Cette loi, faut-il le rappeler, a servi à emprisonner des journalistes, pour les poursuivre dans des affaires criminelles. Cette loi que les journalistes appellent, à raison, code pénal bis, est relayée par le code pénal. Elle prévoit pas moins de 5 poursuites criminelles et 17 délits. En contrepartie de ce dispositif, on trouve une seule disposition en faveur du journaliste, et c’est une contravention. La presse a aujourd’hui ses martyrs. Abdelhaï Beliardouh, qui a été menacé, humilié, avili, poussé carrément au suicide par un notable qui n’avait pas accepté ses articles, en est un exemple emblématique.

Avec l’arrivée au pouvoir du président Bouteflika, la situation a-t-elle changé dans le sens de plus de liberté pour la presse ?

L’ère de Bouteflika n’est pas belle pour la presse, il faut le dire. Les faits le confirment. Deux ans à peine après son installation, on pond une loi, celle de 2001, où on condamne l’offense contre le chef de l’Etat. On a introduit également la responsabilité du rédacteur en chef qui est une manière détournée de casser la hiérarchie fonctionnelle et perturber l’organisation et mettre en compétition les prérogatives dans les rédactions. La presse subit encore plus l’opprobre quand elle a commencé à s’intéresser aux affaires de corruption. Le malheur, c’est que si l’Etat était ouvert à la presse, il y a longtemps qu’on aurait mis un terme à ce phénomène. Partout dans le monde, on offre des protections aux journalistes. Aujourd’hui, nous n’avons pas les « faits justificatifs », c’est-à-dire les protections ; quand vous apportez la preuve d’un fait vous être renvoyé en fin de poursuite. Un cas assez anachronique de cette situation : à la fin 1990, la RTA et Derradji déposent une plainte contre El Watan, qui met en évidence l’illégalité de la procédure d’accès à la publicité. Je prends attache avec Abdelaziz Rahabi, ministre de la Communication, qui nous donne une lettre à présenter au tribunal selon laquelle, les faits rapportés par le journal sont vrais et qu’il y a une procédure irrégulière de gestion de la publicité. La preuve donnée est vite rejetée par le tribunal et le journal est au final condamné. Aujourd’hui, on peut poursuivre un journal sans plainte, c’est le parquet qui s’autosaisit. Le délai de prescription de 3 mois à 3 ans.

Dans certains cas, cette même presse ne « prête-t-elle pas flanc » en n’adoptant pas les règles de l’éthique. Certains journaux ont même suscité de l’« agacement » en raison de leur manière de traiter l’information...

La presse a sa responsabilité. Qu’est-ce qui fait que la presse aujourd’hui, à part quelques journaux, n’est pas professionnelle ? Parce qu’elle n’a pas eu le soutien de l’Etat, parce qu’elle n’accède pas à l’information, parce que c’est une presse qui a tourné le dos aux efforts consentis par Zoubir Souissi, en tant que président du CSDE. La presse doit, aujourd’hui, se méfier des manipulateurs. En Nahar n’est pas responsable d’une information qui lui a été donnée, mais aurait dû la vérifier. Si le journal était plus vigilant, je pense qu’on aurait pu éviter de telles situations. Est-ce qu’il y a de la manipulation ? Je ne le pense pas, mais je pense qu’il y a eu quelque part absence de vigilance.

Vous dites, vous-même, qu’on aurait pu éviter plusieurs procès intentés à la presse…

Ma préoccupation majeure, en tant qu’avocat de certains journaux, est de veiller à ce que la presse tire les meilleurs enseignements des procès. Comme disait le philosophe Gaston Bachelard, « la connaissance est la somme de toutes les erreurs corrigées ». A ce titre, j’insiste sur le droit de réponse qui est un droit général et absolu. On aurait pu éviter certains procès si le droit de réponse était publié dans les délais où ils doivent être publiés. Il est, aussi, nécessaire, je sais combien c’est difficile, de vérifier l’information.

L’avenir de la presse sera-t-il identique à son présent ? Y aura-t-il, selon vous, une volonté de l’Etat d’apaiser ses relations avec les médias ?

Je pense que c’est vrai que la presse a besoin d’une loi qui la protège, qui organise l’activité journalistique, qui la structure, qui permet aux journalistes de mieux de se défendre. Il faut aussi la responsabilité de l’Etat qui doit renforcer les structures de formation et d’aide la presse. Il importe aussi que l’Etat garantisse le droit à l’accès à l’information. Il faut aller vers la dépénalisation, cela veut dire soumettre le journaliste à des peines et non pas à la prison, mais je dis que la question de la dépénalisation n’est pas aussi importante que la protection. Donnez-moi la protection et mettez-moi en prison. Il faut faire en sorte que le délit de presse relève du juge et non de la police ; il faut que le journaliste soit à l’abri de la pression de l’interpellation. On a abusé de cette procédure pour que le journaliste ne soit pas accompagné de son avocat, qu’il n’ait pas connaissance de son article, qu’il ne puisse pas préparer sa défense. On fait du métier de journaliste un métier à haut risque pénal. Il faut qu’il y ait une volonté politique affichée et sincère qui, aujourd’hui, doit mener le pays vers une véritable démocratie, vers une société plurielle. Nous ne pouvons pas aujourd’hui faire dans la mauvaise foi et dire que c’est un pays démocratique. Ce pays n’a d’avenir que dans la démocratie et les libertés. On ne peut pas avoir, toutefois, une presse indépendante sans une justice forte, toute la question est là. Telle qu’elle est structurée aujourd’hui, la justice est un instrument de répression. Il faut que la seule justice de l’Etat soit la loi.

Par Nadir Iddir

[In Algeria watch.org]

Sunday, January 24, 2010

Relation entre El Watan et les Services


Nous le savions ! [Les liens entre El Watan - et d'autres journaux "indépendants" - et les Services] cette fois c'est repris dans Le Matin.DZ dont le patron est un ancien du Sérail. Depuis qu'il a visité les geôles d'Alger il a ouvert les yeux (Monsieur Benchicou) c'est bien ! Il est sur la bonne voie !
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BOUTELIKA - TOUFIK : Luttes d’influence autour de la Sonatrach

Le président-directeur général de la Sonatrach — la plus grande entreprise algérienne, un monopole public qui gère les hydrocarbures et le gaz dans le pays —, ainsi que plusieurs hauts cadres de la société, ont été placés sous contrôle judiciaire, comme le ministre algérien de l’énergie l’a confirmé lundi 18 janvier. Selon la presse algérienne, l’enquête porterait sur des malversations présumées en lien avec des passations de marchés. Mais le fond de l’affaire Sonatrach pourrait s’avérer plus politique.
Contrairement à ce qui a été beaucoup écrit ces derniers jours, M. Abdelaziz Bouteflika n’a pas décapité l’état-major de la Sonatrach – tous des cadres originaires de l’ouest comme lui et nommés par lui – pour lutter contre la corruption. C’est en réalité une initiative des services de sécurité militaire, avec qui le président est en lutte ouverte depuis des mois.
Il va perdre dans l’affaire son dernier point d’appui, le contrôle de la rente pétrolière et des relations avec l’extérieur, intéressé en priorité par le sous-sol saharien. Son ministre du pétrole, en place depuis décembre 1999, est sur la sellette.
El Watan, un quotidien francophone qui relaie souvent les vues des services, le met en cause à sa une du 17 janvier. Est-il le bénéficiaire ou le responsable du scandale ? La réponse est dans la question : il doit partir. (…)
Le cinquième, Abdelaziz Bouteflika, a désormais le choix entre partir, comme Chadli et Zeroual, ou rester, au risque de périr, comme Mohamed Boudiaf en 1992, dans un coup fourré...

Ahmed Djezairi
(Paru dans le Monde Diplomatique de Janvier 2010)


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in: http://www.lematindz.net/news/2939-boutelika-toufik-luttes-dinfluence-autour-de-la-sonatrach.html
21 janvier 2010

Wednesday, July 29, 2009

Les moines de Tibihérine et le « qui tue qui »

http://www.algeria-watch.org/fr/article/tribune/addi_qui_tue_qui.htm


Lahouari Addi, Algeria-Watch, 29 juillet 2009

La déposition devant le juge du général à la retraite François Buchwalter sur l’assassinat des moines de Tibihérine a provoqué de nombreux commentaires dans la presse privée algérienne allant dans le même sens, soulignant que les propos de l’officier français portaient atteinte à l’armée et à l’Etat algériens. L’unanimité exposée à la une à longueur de semaines est révélatrice du statut ambivalent de la presse algérienne qui sait qu’il y a des sujets sensibles où elle préfère renoncer à sa liberté. Les attaques contre M. Buchwalter sont le prix à payer pour exister en tant que presse privée, libre de critiquer le « pouvoir formel » (président et gouvernement) mais sommée de défendre le « pouvoir réel » en cas de nécessité et son noyau dur le DRS, service de sécurité dépendant du ministère de la défense. Aucun article demandant à ce que la justice française aille jusqu’au bout n’a été publié. Pourtant en privé, certains journalistes disent ne pas croire à la thèse officielle de l’assassinat des moines. Sur les dizaines de commentaires qui ont été publiés à ce jour, il n’y a pas eu un seul qui prenait du recul pour se poser des questions sur les circonstances de l’enlèvement et son dénouement tragique. Il y avait pourtant de quoi être satisfait dans les propos de M. Buchwalter : l’armée n’a pas tué délibérément les moines, elle a « seulement » commis une bavure en cherchant à les libérer des griffes de leurs ravisseurs. Il écarte ainsi la thèse de ceux qui avancent que le GIA, auteur de l’enlèvement, a été manipulé par les services secrets, ce qui implique la responsabilité de l’armée dans cet assassinat. Il est vrai néanmoins que ce qu’il rapporte à propos du meurtre de Pierre Claverie, évêque d’Oran, et de son chauffeur, est plutôt gênant pour le DRS.
Les arguments développés dans la presse algérienne pour contrer cette déposition insistent sur le fait que le GIA avait bel et bien revendiqué l’assassinat des moines dans un communiqué. Pourquoi alors enquêter si ce n’est pour chercher à discréditer l’Algérie et ses services de sécurité ? Il faut convenir que c’est là une bien curieuse conception de traiter des affaires de meurtre. Quand il y a mort d’homme, malgré les évidences et les confessions, la vérité est établie par le juge après une procédure d’instruction et un procès où les présumés coupables sont défendus par des avocats. Dans un Etat de droit, c’est le juge et non la police ou la presse qui désigne le coupable. Or en Algérie, durant « la sale guerre », l’opinion a été trop habituée à ce que un communiqué de la police ou une confession faite dans un commissariat tienne lieu de procès judiciaire et clôt l’affaire. Toutes les voix qui s’étaient élevées pour demander que la justice soit associée à la lutte contre le terrorisme avaient été diabolisées et accusées d’appartenir aux partisans des « qui-tue-qui », stigmatisés comme alliés objectifs des terroristes. Devenue un cri de ralliement du DRS pour intimider ceux qui demandent la vérité sur les disparus et les milliers d’assassinats, l’expression « qui tue qui » cherche à éliminer le juge du mécanisme de désignation des coupables. Il faut admettre que c’est là une position singulière de la part de personnes qui proclament défendre l’Etat de droit contre la menace islamiste. Comme si lutter contre le terrorisme islamiste justifie que la justice soit marginalisée et que la police obtienne carte blanche pour mener ses missions. Ce qui a été perdu de vue, c’est que tout fonctionnaire de police qui agit indépendamment de la justice et en dehors de la loi devient lui-même un terroriste protégé par l’Etat.
Durant le conflit algérien, qui a pris la vie à plus de 200 000 personnes, c’est parce que la justice n’avait pas été associée à la lutte anti-terroriste qu’il y a eu des dérives, et en tout cas beaucoup de zones d’ombre. Les massacres de Raïs (300 morts), Bentalha (470 morts), Ramka (1000 morts), pour ne citer que les plus spectaculaires, n’ont fait l’objet d’aucune procédure judiciaire, en dehors du fait que des indices et des témoignages de survivants contredisent la version officielle des faits. Il n’y a pas eu d’instructions ouvertes par le parquet, ni procès condamnant par contumace les coupables. Comme si les victimes n’étaient pas des vies humaines mais juste un troupeau de moutons, objet d’exactions de la part d’inconnus qui se sont évanouis dans la nature. Et pour tout faire oublier, le régime a fait voter des lois dites de réconciliation nationale amnistiant les terroristes et interdisant à quiconque de porter plainte. C’est ainsi que la justice algérienne ne peut pas être saisie de l’enlèvement des moines, entre autres. Là il y a un réel problème car comment une société peut-elle vivre en paix si elle efface par la loi la mémoire d’un conflit aussi brutal et aussi sanguinaire ? Comment les Algériens peuvent-ils vivre pacifiquement ensemble en se disant que « la sale guerre » n’a jamais existé ? Comment les institutions, comme le DRS, la gendarmerie, la police peuvent jouir de la confiance de la population qu’elles sont censées protéger si des suspicions terribles planent sur elles ?
Au fond, les personnes qui devraient exiger une commission d’enquête nationale ou internationale sont les personnels de l’Etat, en premier ceux des services de sécurité pour établir leur innocence et lever le doute qui plane sur les institutions et l’Etat algériens. S’opposer à des instructions judiciaires en France ou en Algérie ne fait que renforcer le doute sur l’implication des services de sécurité dans le meurtre de milliers d’innocents, dont les sept moines de Tibihérine.
Lahouari Addi
Universitaire

Sunday, May 03, 2009

Les journaux sont subventionnés: ils ne peuvent pas être indépendants

JUDY YABLONKY, CONSULTANTE INTERNATIONALE
«Il y a trop de journaux en Algérie»

L'Expression, 03 Mai 2009

Judy Yablonky est une consultante internationale en médias. Journaliste franco-américaine, elle a assuré des stages de formation pour les journalistes algériens depuis 2001.

L’Expression: Vous connaissez suffisamment le paysage médiatique dans le monde arabe pour y avoir donné des cours de formation. Que pensez-vous de la presse algérienne?
Judy Yablonky: Malgré ses problèmes financiers et de sur compétition, malgré le manque de formation adéquate de la plupart des journalistes, et en dépit de ses écarts récents pendant l’élection présidentielle, la presse algérienne reste parmi la plus libre et la plus animée du monde arabe. Malheureusement, il y a toujours beaucoup de progrès à faire pour que la presse algérienne arrive au niveau des standards internationaux des éthiques et de la liberté de la presse.

Le nombre de plus en plus croissant des titres imprimés en Algérie est-il un avantage ou un inconvénient pour la pratique journalistique?
Il y a trop de journaux en Algérie pour le pourcentage de la population qui peut les lire. Il y a surtout trop de journaux de la presse française dans un pays de plus en plus arabophone. Cette situation crée des journaux non rentables, qui sont subventionnés, et alors, qui ne peuvent pas être indépendants.

Beaucoup d’experts de médias craignent aujourd’hui pour l’avenir de la presse écrite. Partagez-vous cet avis?
Non, pas vraiment. La presse écrite mondiale doit changer, doit accepter la nouvelle technologie et doit trouver d’autres manières d’attirer un lectorat. Mais les journaux, ou l’actualité écrite, continueront d’exister.

Avez-vous une estimation (approximative) du nombre de journaux imprimés qui sont passés à la version on line?
Partout dans le monde, les journaux ont des versions on line. Mais la question «sont-ils rentables» n’a que peu de réponse positive. Aux Etats-Unis aujourd’hui, à cause de la crise financière qui crée une crise de publicité, il y a des journaux qui impriment seulement quelques jours de la semaine et sont on line les autres jours de la semaine. Il faut attendre, voir si cette expérience aide la rentabilité et la continuité de la presse écrite.

Saturday, October 25, 2008

Rédacteur en chef en cagoule et treillis

Cette Algérie plurielle de la dignité et du courage qui résiste à l’autoritarisme et à l’arbitraire, c’est Habiba K. revendiquant sa foi chrétienne malgré les menaces du Vichinsky de poche qui l’a sommée de choisir entre la mosquée et la prison. C’est Kheloudja Khalfoun, l’avocate qui a volé à son secours (...) Ce sont les syndicalistes autonomes qui mettent leur vie en péril par d’interminables grèves de la faim pour arracher le droit d’exercer dignement leur métier. Ce sont ces journalistes libres qui peinent, chaque jour, à bousculer les lignes rouges qu’un rédacteur en chef en cagoule et treillis tente de leur imposer derrière le rideau. Ce sont ces militants sans grade...

Arezki Aït-Larbi
in El Watan du Samedi 25 octobre 2008 page 6.

Sunday, October 19, 2008

Désinformation (affaire Hasseni)

Mohamed Samraoui remet les pendules à l’heure

A mon avis il est nécessaire de remettre les pendules à l'heure pour calmer un tant sa peu la campagne de désinformation orchestrée par certains médias aux ordres et quelques plumes anonymes qui pullulent dans les fora, depuis que l´inculpation de Hassani a été confirmée par le parquet de Paris.
Je tiens officiellement à confirmer que je ne me suis JAMAIS rétracté, ni revenu sur mes déclarations faites au juge Thévenot en juillet 2003, comme tente de le faire accréditer une certaine presse, ainsi que Me Pelletier, l´avocat de Hassani, qui prétend dans une interview publiée au « Jeune indépendant » daté du 16.10.2008 que j´aurais disculpé son client.
Le rôle de l´avocat est de défendre son client, de soutenir qu´il est innocent et qu´en cas où il est reconnu coupable de lui trouver des circonstances atténuantes, mais les journalistes n´ont ni ce rôle ni les compétences, alors pourquoi cherchent ils à tromper l´opinion ?
Sont- ils plus qualifiés que les juges? Dans son délire, Amine B, le journaliste du « Jour d´Algérie » dans son édition du 15.10.2008, affirme sans la moindre preuve que j´aurai déclaré « m´être trompé ». Où a-t-il lu ou entendu pareille sottise ?
Certains journaleux, prenant pour argent comptant, sont allés dans le même sens dans les éditions du samedi 18.10.2008, omettant au passage que j´avais bien affirmé que « J´APPORTERAI LA PREUVE PAR A+B que Hassani est bel et bien impliqué dans l´assassinat de feu Mecili en avril 1987 ».
Si je me suis tu ces derniers jours, c´est uniquement pour m´imposer une réserve afin de ne pas dévoiler toutes les cartes à même d´aiguiller les avocats de Hassani, sachant que les faussaires du DRS sont capables de leur fournir de faux documents et même des faux témoins susceptibles de contrer mon témoignage.
Il est également de mon devoir de ne pas répondre aux provocations et de ne prêter aucune attention aux menaces et tentatives d´intimidation.
En espérant que le message soit clair.

Fait le 18.10.2008
M. Samraoui


in: http://www.lequotidienalgerie.com/


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Le Jour d’Algérie du 15 octobre 2008

La mise en examen du diplomate Hasseni confirmée en appel


Les magistrats français persistent dans l’erreur


La Cour d’appel de Paris a confirmé hier la mise en examen pour «complicité d’assassinat» de l’accusé, soupçonné d’avoir commandité le meurtre d’un proche du FFS.

Alors que le parquet général avait requis le non-lieu dans l’affaire de la mise en examen du diplomate Mohamed-Ziane Hasseni et que les avocats de ce dernier, Me Lasbeur, son confrère Jean-Louis Le Pelletier, avaient mis en exergue dans leur plaidoirie «la confusion qui règne dans le dossier ainsi que les erreurs et les incohérences de la déposition du témoin à charge» et qu’ils ont démontré «qu’il n’y avait pas d’indices graves et sérieux pouvant établir que M. Hasseni avait participé au meurtre de l’avocat Ali Mecili» assassiné à Paris en 1987, la cour d’appel de Paris a confirmé hier la mise en examen pour «complicité d’assassinat» de l’accusé, soupçonné d’avoir commandité le meurtre de ce proche du FFS. Pourquoi les magistrats français s’entêtent-ils à refuser à s’en remettre à cette évidence qu’il y a erreur sur la personne ? La question est posée. Y a-t-il eu pression ? La veille du verdict que devait rendre la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, une lettre ouverte adressée par la veuve Mecili a été publiée sur les colonnes de la presse française. Le contenu ne laissait place à aucun doute quant à l’objectif recherché. A savoir influer sur la décision des magistrats, qui ont fait fi de la demande du parquet général. Pis, la justice française, qui s’est référée au témoignage de Mohamed Semraoui qui a présenté Mohamed-Ziane Hasseni comme étant le commanditaire de l’assassinat de l’avocat Ali Mecili pour lancer son mandat d’arrêt international, n’a apparemment pas voulu tenir compte des propos de ce même «témoin à charge» lorsque ce dernier a déclaré s’être trompé et qu’il est revenu sur ses premières déclarations. Les magistrats ont-ils rendu une décision politique qui a tenu compte d’autres considérations que celles qui auraient dû prévaloir dans un palais de justice ? Du reste, Me Jean-Louis Pelletier, avocat du diplomate algérien, n’a pas manqué dans une première réaction de faire part de sa «très profonde déception», et ce, d’autant plus, a-t-il ajouté, qu’«il est rarissime que le parquet général se joigne à une demande de la défense et soit balayé comme ça». De son côté, l’avocat d’Annie Mecili, la veuve de Mecili, n’a pas caché sa joie de voir que la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris «n’a pas annulé la mise en examen, ni le contrôle judiciaire» imposés au diplomate algérien. «Nous sommes heureux que l’instruction de ce dossier puisse continuer», a-t-il ajouté. L’avocat du diplomate algérien, Me Pelletier, a précisé qu’il allait formuler un pourvoi en cassation pour obtenir l’annulation de la mise en examen et du contrôle judiciaire imposés à son client. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé en décembre 2007 par le juge d’instruction Baudouin Thouvenot, Mohamed-Ziane Hasseni avait été interpellé le 14 août à l’aéroport de Marseille alors qu’il venait d’Alger. Il avait été mis en examen le lendemain à Paris pour «complicité d’assassinat» et placé sous contrôle judiciaire. Ce contrôle judiciaire lui interdit de quitter le territoire français et lui impose de se présenter une fois par semaine dans un commissariat. Le diplomate, qui affirme être victime d’une homonymie – le commanditaire présumé de l’assassinat est un certain Rachid Hassani – dont on ne se soucie plus de l’existence, n’est pas écouté. Faut-il croire que la justice française, soucieuse de faire la lumière sur une affaire qui date d’une vingtaine d’années, se soit laissée abuser ? Elle a l’opportunité de rectifier ce qui semble être une erreur par la poursuite de l’instruction de ce dossier. Reste à se demander ce que fera Alger qui jusqu’à présent s’était refusée à s’immiscer dans cette affaire, comptant sur l’équité de la justice française.

Par Amine B.

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Liberté du 08 novembre 2008

Affaire MECILI

Le diplomate attend le feu vert du juge pour les tests ADN

Par : A. OUALI, Liberté, 8 novembre 2008

Trois semaines après la décision de la cour d’appel de Paris de maintenir l’inculpation de Mohamed Ziane Hasseni dans le dossier Ali Mecili, le diplomate attend le feu vert du juge d’instruction afin de se soumettre à des tests ADN et à des analyses graphologiques. Lors de l’audition du 1er septembre, M. Hasseni avait rejeté cette même demande formulée par le juge à la fin de l’audition et qui lui paraissait incongrue. La partie civile a ensuite fait de ce refus son principal argument devant la chambre d’instruction de la cour d’appel devant laquelle il s’était pourvu pour demander l’annulation de son inculpation et de son contrôle judiciaire.

Depuis, le chef du protocole au ministère des Affaires étrangères se montre soucieux de ne pas laisser prospérer les vues de la partie adverse. Il s’est ravisé et se dit disposé à se soumettre à toutes les analyses susceptibles de faire jaillir la vérité. Une nouvelle audition par le juge d’instruction Baudoin Thouvenot est prévue sous peu, à une date déjà fixée. M. Hasseni qui lui a déjà répondu par écrit à la demande sur les expertises confirmera sa disposition. Si le juge y tient toujours, le diplomate s’y soumettra. Depuis son interpellation le 14 août à Marseille où il se rendait en voyage privé, il n’a pas arrêté de clamer son innocence en faisant valoir une erreur judiciaire. Après presque trois mois d’exil forcé à Paris, cette interpellation soulève toujours des questions. L’interpellation du diplomate découle d’un mandat d’arrêt délivré le 7 décembre 2007. Lequel mandat découle du témoignage de l’officier déserteur Mohamed Samraoui entendu en Allemagne le 2 juillet 2003. Quatre ans d’une attente que le parquet n’a d’ailleurs pas manqué de pointer. L’avocat du diplomate, Me Jean-Louis Pelletier mais aussi Jacques Vergès ont souligné le caractère invraisemblable du libellé du mandat d’arrêt qui contient des éléments d’identité ne correspondant pas à ceux de M. Hasseni. Ceci n’excuse pourtant pas le manque de vigilance de la partie algérienne. Le 25 décembre 2007, la presse française faisait écho au mandat d’arrêt. Le Canard Enchaîné, rue 89.com et l’AFP en faisaient état, livrant à l’opinion le nom de Mohamed Ziane Hassan, présenté comme un “capitaine de la sécurité militaire” et celui d’Abdelmalek Amellou, l’exécutant présumé au domicile duquel avait été trouvé un ordre de mission signé de Rachid Hassani.

Assez suffisant pour sonner l’alerte et mettre en garde le diplomate contre les risques éventuels de cette confusion ! Le mandat d’arrêt ne serait pas parvenu aux autorités algériennes et rien ne semble donc avoir été fait. Les articles publiés par la presse française donnaient d’autres motifs d’alerte pourtant. “Les mandats d’arrêt valent mise en examen (inculpation) et si la procédure va à son terme, les deux hommes seront jugés un jour par une cour d’assises à Paris qu’ils soient présents ou non”, était-il écrit alors. Faute de mise en garde, M. Hasseni s’est donc rendu à Marseille sans méfiance aucune sachant qu’il est étranger à l’affaire. Erreur : aujourd’hui, il est sommé de prouver son innocence. Exercice facile si on veut bien l’écouter. Le problème c’est que le doute est jeté sur toutes ses déclarations. Erreur de nom ? L’accusateur fait croire que les éléments des services secrets avaient tous un pseudonyme. Ce n’est quand même pas très futé de se faire appeler Hassani lorsque le vrai nom est Hasseni, non ? Le CV qui prouve que M. Hasseni n’a jamais été dans ces services ? Une invention ! À la fin de ses études en licence de sciences économiques à l’université d’Alger, M. Hasseni avait rejoint une entreprise publique avant d’aller effectuer son service militaire dans une unité de la Marine nationale à Alger. Le général qui dirigeait l’unité fera appel à lui quand il sera chargé du protocole à la présidence. Chargé de l’accueil, M. Hasseni conduira la construction de la résidence El-Mithaq à El-Biar. Un chantier réalisé par une entreprise canadienne. Ensuite, il deviendra sous-directeur chargé de la gestion et de l’exploitation des structures officielles d’accueil. Et quand il intégrera le réseau diplomatique, il ne sera jamais en poste au Mali, comme l’affirme son accusateur. Ce dernier pourra aussi se tromper sur les photos, c’est le diplomate qui restera suspect. Même le livret de famille délivré par l’administration coloniale ne servira à rien ! Et quoi d’autre après les tests ADN ? Car il ne faut surtout pas miser sur une interférence politique. Certains peuvent faire mine de ricaner sur l’indépendance de la justice française. Elle n’en a pas moins débouté le président de la République d’une récente plainte, ce qui équivaut à une condamnation. Et la garde des Sceaux n’a pas évité la condamnation de son propre frère.

A. OUALI

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LA TRIBUNE DU LUNDI 01 DEC 2008

Nouveaux développements dans l’affaire du diplomate Mohamed Ziane Hasseni


Mohamed Samraoui et Hicham Abboud convoqués comme témoins
Par Noureddine Khelassi, La Tribune, 1 er décembre 2008
L’affaire du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni serait enfin entrée dans le vif du sujet avec la convocation comme témoins des anciens officiers du DRS algérien, le colonel Mohamed Samraoui et le capitaine Hichem Abboud. Les deux hommes, selon des
sources concordantes, ont été convoqués par le juge Baudoin Thouvenot, en charge du dossier d’enquête, avec obligation de se présenter devant lui à la mi-décembre. En cas d’absence, le magistrat aurait recours à des mandats d’amener à l’encontre de ces deux témoins qui résident respectivement en Allemagne et en France.
Cette information est notamment confirmée par Hichem Abboud sur son site Internet «Agirpourlalgérie.com». Sans citer son propre nom et celui de son ancien compagnon d’armes, l’ex-chef de cabinet du général Mohamed Betchine à la DGPS, devenue DRS en 1990, indique que les deux témoins précités ont été effectivement convoqués, se félicitant, du coup, de participer lui-même à la manifestation de la vérité. Le rétablissement des faits consisterait alors à établir la véritable identité de Mohamed Ziane Hasseni, victime dans l’affaire d’une homonymie partielle qui lui a valu mise en examen, assignation à résidence et mise sous contrôle judiciaire.
Depuis l’ouverture de l’enquête, l’ex-colonel Mohamed Samraoui, haut cadre du contre-espionnage en avril 1987, date de l’assassinat de l’avocat français André Ali Mécili, a affirmé au juge Baudoin Thouvenot, devant des journalistes français aussi, que Mohamed Ziane Hasseni, directeur du protocole au ministère des Affaires étrangères algérien, serait bien Rachid Ziane Hassani, ancien capitaine de la DGPS et présumé commanditaire de l’assassinat de l’ancien bras droit de Hocine Aït Ahmed, leader du FFS. Quant à Hichem Abboud, aujourd’hui journaliste indépendant, il a toujours défendu la thèse de l’homonymie. Sa conviction personnelle est fondée sur sa connaissance personnelle du témoin Mohamed Samraoui, du mis en examen Mohamed Ziane Hasseni et du présumé commanditaire de l’assassinat d’André Ali Mécili, l’ex-capitaine Rachid Ziane Hassani. Ces témoignages tant souhaités par la défense permettraient au juge Baudoin Thouvenot de se forger une nouvelle conviction, indépendamment des résultats de l’expertise graphologique et du test ADN, auxquels s’est récemment plié Mohamed Ziane Hasseni. S’agissant de l’examen graphologique, les experts ont dû probablement comparer l’écriture de Mohamed Ziane Hasseni et la signature du capitaine Rachid Ziane Hassani, apposée en bas de l’ordre de mission récupéré sur l’assassin présumé d’André Ali Mécili, Abdelmalek Amellou, et dont un fac-similé avait été publié à l’époque par la presse française.
Si les futurs témoignages de Mohamed Samraoui et de Hichem Abboud, contradictoirement appréciés, devaient conforter la thèse de l’homonymie partielle dont est victime Mohamed Ziane Hasseni, le colonel Mohamed Samraoui serait alors en difficulté. Son témoignage, déjà bancal car entaché de doutes du témoin lui-même, et bien qu’il ait été initialement retenu par le juge
d’instruction et ait servi de base à l’accusation, serait alors perçu comme un faux témoignage.
N. K.

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Ou comment la presse algérienne est plus royaliste que le roi et tente de « forcer » la justice française !

Le Quotidien d’Oran dimanche 14.12.2008
Ouyahia à propos de l'affaire Hasseni: «On n'est pas au stade de crise»
par G. O.
A une question sur les récentes déclarations du roi du Maroc et de son Premier ministre, Ahmed Ouyahia a répondu que «ce n'est pas nouveau, ça nous a pas empêchés de dormir, on n'en est pas morts.» A propos de l'affaire Hasseni, le diplomate algérien mis sous contrôle judiciaire en France, le Premier ministre dira «J'ai vu un emballement de la presse qui n'a pas de fondement. C'est vrai que c'est préoccupant parce qu'il y a une injustice, des délais excessifs mais le niveau d'alerte atteint dans les éditoriaux n'est pas justifié, nous n'en sommes pas là, on n'est pas au stade de crise.» Interrogé sur ce qui a changé avec le nouveau plan d'action, Ouyahia dira «Pour le gouvernement, c'est plus clair que ce qu'il en était avant.» Quelle en est la démarcation ? «Il ne s'agit pas de parler d'avenir, mais il est intéressant en matière de financement, il y a une continuation du programme, nous sommes à la mi-décembre, trois mois et demi nous séparent de la présidentielle 2009, il y a un reste d'exécution» tout en avouant que «le pays avance avec pas mal de lacunes, sans aucun doute.» Le Premier ministre soulignera au passage que «le jour où la pluralité fonctionnera bien, il y aura débat autour d'une déclaration de politique générale qui ne demandera pas 5 jours, elle sera sanctionnée par un vote de confiance.» A propos de législatives anticipées comme le revendique le PT, il dira «c'est un point de vue je dirais un petit peu irrationnel de mon point de vue.»
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Exemple cet éditorial d’un ancien bras de la SM : OB
In El Watan dimanche 14.12.2008

Une monnaie d’échange ?
L’Algérie maintient la pression dans l’affaire du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni, interpellé le 14 août dernier à Marseille et placé sous contrôle judiciaire par la justice française pour complicité, dans l’assassinat à Paris en 1987, de l’avocat algérien André-Ali Mecili.

Quelques jours seulement après les récentes déclarations fracassantes à Paris de Djamal Ould Abbas, ministre de la Solidarité nationale et de la Communauté nationale à l’étranger, menaçant la France dans des termes à peine voilés que l’Algérie saura tirer les conséquences de cette affaire qui fait l’objet, selon Alger, d’une instrumentalisation politique éhontée, une source diplomatique algérienne à Paris confirme la volonté de l’Etat algérien de passer désormais à une phase offensive dans le traitement de ce dossier.
Première conséquence immédiate de cette affaire : côté algérien, on n’écarte pas l’éventualité de l’annulation de la visite d’Etat que devrait effectuer le président Bouteflika à Paris dans le courant du premier trimestre 2009. Un message clair adressé aux autorités françaises traduisant la volonté de l’Algérie de tout mettre en œuvre pour se faire entendre. Y compris en mettant dans la balance les bonnes relations économiques et commerciales liant les deux pays. Pour la source diplomatique algérienne, Mohamed Ziane Hasseni, qui ne cesse de clamer son innocence et qui se trouve sous contrôle judiciaire sur la foi d’aveux d’un ancien militaire déserteur, a fourni toutes les preuves confirmant qu’il est victime d’une cabale montée de toutes pièces : les tests ADN auxquels il a accepté de se soumettre, l’authentification de son état civil attestant qu’il n’est pas la personne que la justice française recherche.
Cela, il l’a fait alors qu’il était censé être protégé par l’immunité diplomatique qui ne peut être, en règle de droit, levée que dans le cas de flagrant délit. Un camouflet que l’Algérie a encaissé, dans le silence, pour donner une chance à la diplomatie de reprendre ses droits dans cette affaire. La défense du diplomate algérien ne cesse de rappeler un principe fondamental de droit, selon lequel un prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que la justice apporte la preuve de sa culpabilité. Or, dans cette affaire, la seule « pièce à conviction » versée au dossier réside dans des aveux qu’il faut prendre comme tels d’un ancien militaire, sur lesquels la justice française a bâti toute l’instruction.
La lenteur avec laquelle ce dossier est géré par la justice française fait peser sur elle de sérieux soupçons de partialité et de manipulation. Quatre mois après l’interpellation du diplomate algérien, l’ancien officier algérien Mohamed Samraoui n’a pas été convoqué pour être confronté à Mohamed Ziane Hasseni.La confrontation – si elle a lieu – est finalement prévue pour le 16 décembre prochain. L’instruction du dossier aurait dû commencer par là. C’est le chemin le plus court et le plus indiqué pour aboutir à la manifestation de la vérité. La justice française a choisi de prendre le dossier à rebrousse-poil. Pour quels desseins ?
La justice française qui sait, sur la base des éléments du dossier en sa possession, que M. Hasseni n’a rien à voir avec les accusations portées contre lui, semble vouloir utiliser le diplomate algérien comme monnaie d’échange pour ouvrir le dossier judiciaire de l’assassinat d’Ali Mecili. Et forcer la main aux autorités algériennes en vue de les amener à apporter leur collaboration pour faire la lumière sur cet assassinat imputé par la famille et certains milieux aux services spéciaux algériens.
Par Omar Berbiche
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Affaire Mécili : les résultats des tests ADN du diplomate Hasseni sont négatifs

http://www.tsa-algerie.com/Affaire-Mecili---les-resultats-des-tests-ADN-du-diplomate-Ha_5657.html
Par sonia lyes , le 24/12/2008

Les résultats des tests ADN subis en France par le diplomate Mohamed Ziane Hasseni, inculpé pour son rôle présumé dans l'assassinat en 1987 de l'opposant Ali Mécili, sont sortis négatifs, a appris toutsurlalgerie (www.tsa-algerie.com) de source proche du dossier. Le diplomate et sa défense ont été officiellement informés du contenu de ces résultats par le juge Baudoin Thouvenot, en charge du dossier, selon la même source. Comme nous l'avion déjà révélé le 19 décembre (lire notre article), la justice française, à travers les tests ADN, cherchait notamment à savoir si les balles qui ont servi dans l'assassinat de Ali Mécili ont été données au tueur par M. Hasseni. Elle dispose en effet encore des trois douilles de balles récupérées sur les lieux du crime.

Les résultats de l'expertise graphologique, à laquelle le diplomate a été soumis, n'ont pas été communiqués. Le juge n'a donné aucune indication sur la date de leur disponibilité éventuelle. Pour ce test, la justice cherche à établir si l'ordre de mission retrouvé sur le tueur de M. Mécili a été signé par Mohamed Ziane Hasseni.

Pour le diplomate Hasseni, ce résultat constitue la deuxième bonne nouvelle en quelques jours, après celle du témoignage en sa faveur de Hichem Aboud. Ce dernier, considéré comme l'un des principaux témoins dans cette affaire aux cotés de l'ancien colonel du DRS Mohamed Samraoui, a été entendu le 17 décembre par le juge Thouvenot. Il avait mis M. Hasseni hors de cause et accusé l'ancien président Chadli Bendjedid et Larbi Belkhir d'avoir commandité l'assassinat de Ali Mécili.