Saturday, December 23, 2006

Presse algérienne : le salaire de la trahison

Presse algérienne : le salaire de la trahison

mercredi 8 novembre 2006 par Lounis Aggoun

« L’Algérie joue un rôle de premier ordre au Maghreb et au Proche-Orient pour favoriser l’essor des libertés individuelles, la promotion du statut de la femme, la consolidation des institutions démocratiques et pour assurer la paix et la sécurité ».

Ce cynisme de Bush est amplement partagé dans les sphères sécuritaires française quand tant de fléaux qu’on y « déplore » viennent des labos des services secrets algériens.

Preuve parmi foison, le commerce de drogue auquel s’adonnait Ahmed Zendjabil, chef présumé du cartel d’Oran, dont la récente « arrestation » serait passée inaperçue si L’Écho d’Oran n’avait vendu la mèche.

« Le silence qui entoure l’enquête » augure de pressions « exercées par des clans du système pour étouffer les révélations de Zendjabil », dénonce le journaliste Djamaledine Benchenouf sur Algeria-Watch, ce 8 octobre : « Cette affaire, autrement plus […] compromettante pour “les forces de l’ordre” et de très hauts dignitaires de l’État, que l’affaire Khalifa, a totalement échappé à la vigilance des journalistes d’investigation spécialisés dans l’Algérie », raille-t-il, réclamant l’identité des « généraux et [des] très nombreux officiers supérieurs [cités par Zendjabil] comme ses supérieurs et ses commanditaires ».

El-Watan réagit en citant « l’ex-chef de la Sûreté de wilaya d’Oran, Belabbes Ghorzi », « l’ex-wali d’Oran, Mustapha Kouadri », etc. Mais point de général. Tout de même, « un peu inquiet », un certain « Ali », « proche de Zendjabil », y évoque le trafic de voitures volées en France, les complicités de la douane pour exporter la drogue vers Alicante et Marseille, les officiers supérieurs du DRS, « de l’ANP et de la Sûreté nationale, ainsi que des magistrats et des hauts cadres de l’État » impliqués. Même atténuées, ces révélations font mouche. La riposte s’organise illico. Liberté (17 octobre) ricane de ce que l’on dévoile ainsi « les noms des hauts responsables marocains impliqués dans le réseau Zendjabil, mais pas ceux du fameux “cartel d’Oran” évoqué », et se demande si tout n’est pas qu’« une invention romanesque pour une opinion frustrée de vérité sur notre mafieux univers, et qui attend toujours que la presse lui raconte enfin son histoire fantastique. »

Le Jeune Indépendant (17 octobre) impute ce « feuilleton de cet été » à un « déficit en communication publique [qui] a ouvert la voie à toutes sortes d’exagérations » et allume un contre-feu : « La mise à l’écart qui a touché un certain nombre d’officiers supérieurs marocains » expliquerait tout. Quant au reste, « une campagne montée [par] un groupe d’intérêts […] cherchant à revenir sur la scène publique ». Revendiquant le bénéfice de « la réconciliation nationale », Zendjabil déclare – pour sa défense – avoir « financé le terrorisme pendant des années ». Et, révèle Benchenouf, s’il « s’est rendu de son propre chef [quand il pouvait] se fondre dans la nature, c’est qu’il savait qu’un contrat avait été lancé contre lui ». Malin, il préfère le sort de Boumaârafi – l’assassin de Boudiaf a échappé à une liquidation promise en se livrant à la police – à celui de Zouabri, dont le cadavre fut exhibé en trophée par son bailleur, le général Brahim Fodhil Chérif.

L’Expression (15 octobre) renchérit en faisant de l’Algérie l’innocente victime du tabagisme passif, dont le vrai fumeur serait Mohammed 6, citant « un rapport du département d’État américain [selon lequel] 80 % du haschisch consommé en Europe provient du Royaume chérifien ». Mais l’édition du surlendemain se fait franchement menaçant : « L’affaire Zendjabil est suivie de près et est gérée par les plus hauts responsables ». Avis aux amateurs ! Mais El-Watan (30 octobre) n’en démord pas et lâche Kamal Abderrahmane, créateur des escadrons de la mort et narcotrafiquant notoire, l’arbre qui pourra cacher la forêt.

Zitouni, Zouabri, Zendjabil… Ces antihéros – susceptibles de signer leurs méfaits d’un Z qui veut dire… Zéro – ont étendu leur influence jusque dans l’Élysée et Matignon, via rue Nélaton où Smaïn Lamari, alias « l’espion français », entre dit-on sans se faire annoncer. Zendjabil gagnerait à être conté. Mais l’État français – dont Sarkozy et Bruguière sont les receleurs et les commanditaires objectifs de cette coopération morbide avec les dignitaires algériens qui introduisent en France la mort et quelque « 300 tonnes de cannabis par an » (pour ne parler que de cette seule substance, « des responsables de la police [étant aussi] impliqués dans le trafic de cocaïne », El-Watan, 28 octobre) – a peu à craindre. Il lui suffit de s’assurer que les débats abordent tout…, sauf la sécurité des Français, la vraie s’entend !

in:

http://www.bakchich.info/article443.html

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4 Comments:

At 6:22 AM, Blogger lora said...

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