Monday, October 06, 2008

La presse d'octobre à aujourd'hui

http://www.algeria-watch.org/fr/article/tribune/sidhoum_5octobre88.htm

5 octobre 1988 : Espoirs, désillusions et leçons

Salah-Eddine Sidhoum, 2 octobre 2008

« L’Histoire ce ne sont pas seulement les faits, mais les leçons que l’on tire ».

Il y a 20 ans, une manipulation criminelle de l’un des gangs du système provoquait la mort de plus de 600 algériens dont une majorité d’adolescents. Cette manipulation, avec le recul, n’était en réalité qu’une répétition à petite échelle de la tragédie de janvier 92 qui allait faucher plus de 200 000 Algériens. (…) La société, gonflée d’espoir et assoiffée de justice et de liberté, croyait sincèrement et naïvement au changement. (…) Que reste-t-il au jour d’aujourd’hui des « acquis » d’octobre 88 (qui ne sont pas sans rappeler les fameux et fumeux « acquis » du socialisme) ?

Nous sommes toujours en présence d’un régime sans légitimité et d’un peuple sans souveraineté.
Le véritable pouvoir est toujours aux mains d’une oligarchie militaro-financière mafieuse sans foi ni loi. Tout le reste n’est qu’apparence et faux décor ou pour reprendre la dialectique populaire : ce n’est que khodra fawk A’acha.

La vie politique artificielle est « animée » par une kyrielle de « partis » décoratifs aux ordres de la police politique. Seul le FFS garde encore son autonomie mais reste affaibli par de nombreuses opérations de déstabilisation. (…) La presse est aux ordres, à quelques rares exceptions. On nous a fait croire au début de la pseudo-ouverture à une « aventure intellectuelle » qui s’avérera au fil des ans être une imposture pseudo-intellectuelle. Et là aussi, d’anciens responsables des BSP (bureaux de surveillance de la SM), purs produits du parti et de la pensée uniques se transformèrent en « patrons » de presse, exploitant d’honnêtes et brillants jeunes journalistes. Certains titres se mettront sous la coupe de l’action psychologique « des services » au lendemain du coup d’Etat, pour devenir une sorte de « Radio des mille collines », au service de l’éradication. D’autres se transformeront en brosses à reluire du palais d’El Mouradia. Les quelques titres qui voulaient garder leur autonomie seront précocement éliminés (La Nation, El Hourrya, El Oumma, L’opinion, El Hadeth…).

La justice est sous la dépendance totale de l’oligarchie et de sa police politique. (…)

Salah-Eddine SIDHOUM - Alger

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