Sunday, January 15, 2006

Y.Zirem - un regard lucide

Extraits du livre de : Youcef ZIREM,
« Algérie : la guerre des ombres, les non-dits d’une tragédie ».
Ed : GRIP-Editions complexe - Bruxelles, 2002
Pages : 67-82

Mots incarcérés : la presse


C’est le gouvernement de Mouloud Hamrouche qui, en 1990, supprime le monopole de l’Etat sur les médias. (…) En peu de temps, les journaux dits « indépendants » fidélisent un large lectorat grâce à leur critique des hommes politiques et leur dénonciation de certaines affaires. Mais les véritables décideurs du système algérien ne sont guère inquiétés par l’ensemble de ces journaux. Lorsque Mouloud Hamrouche est limogé, les marges de manœuvre de la presse diminuent. Le nouveau chef du gouvernement, Sid-Ahmed Ghozali, commence par suspendre l'édition arabophone de Parcours maghrébins, un hebdomadaire du secteur public. (…)

La situation de la presse se complique encore plus avec l'arrêt du processus électoral des législatives en janvier 1992. La majorité des titres applaudissent l’option des décideurs et oublient subitement que des élections viennent d’être organisées. A grand bruit, la presse salue la naissance du CNSA (Comité national de sauvegarde de l'Algérie), une structure née pour défendre la démarche des militaires. (…) Les décrets de l'état d'urgence (9 février 1992) et celui relatif au terrorisme et à la subversion (octobre 1992) réduisent encore plus la liberté de la presse. Mais les responsables des journaux ne se plaignent pas. Au contraire, ils cautionnent l'arrêté ministériel du 7 juin 1994 (un texte resté confidentiel) qui définit le cadre de l'information « sécuritaire » et qui n'autorise à la publication que les bilans officiels des attentats.

Cette réaction n'est guère une surprise puisque la majorité des directeurs de joumaux font partie eux-mêmes du système. En effet, la plupart des responsables de publication en Algérie ont transité par les journaux du parti unique. C'est d'ailleurs eux qui, dans bien des cas, se chargent d'exercer la censure dans les rédactions. En peu de temps de pluralisme médiatique, on commence à parler de « patrons de presse » et certains actionnaires des journaux gagnent un argent fou. Terrorisme aidant, la vente des journaux ne décline pas.


Des images en guise de justice

Au terme d'un coma d'une semaine, Tahar Djaout, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire Ruptures, succombe à ses blessures. Victime d'un attentat le 26 mai 1993, devant son domicile à Bainem, une petite bourgade côtière à l'ouest d'Alger, il est le premier journaliste assassiné. (…) . Le ler juin 1993, la télévision diffuse les images d'Abdellah Belabassi qu'on présente comme l' un des meurtriers du journaliste.

Abdellah Belabassi soutient avoir conduit les assassins sur les lieux du crime. Selon lui, c'est Abdelhak Layada, chef d'un groupe armé, qui en est le commanditaire. Mais, dévoile Arezki Ait Larbi (lui aussi ancien journaliste à Ruptures), Abdelhak Layada est acquitté dans l'affaire de l'assassinat de Tahar Djaout lorsqu'il est jugé en juillet 1994 par une cour spéciale pour son implication dans plusieurs attentats. Abdelhak Layada était au Maroc quand Tahar Djaout s'est fait tuer. Abdellah Belabassi, quant à lui, s'entraînait avec son équipe de handball au moment de l'attentat.

Entre 1993 et 1997, près de 70 professionnels des médias, dont 52journalistes, sont assassinés. Les auteurs de ces crimes n'ont jamais été arrêtés. Il suffisait aux autorités de dire que c'était l’œuvre du GIA pour fermer le dossier de toute liquidation physique touchant les journalistes. Cette façon de procéder était également de mise pour les autres assassinats.

Mis à part le cas de Tahar Djaout, la presse elle-même n'a pas fait l'effort d'exiger la moindre enquête sur ces meurtres. Un « comité vérité » sur l'assassinat de Tahar Djaout avait été installé mais il avait cessé ses activités après l'élimination de quelques-uns de ces membres tels que Saïd Mekbel (célèbre chroniqueur au journal Le Matin, tué le 4 décembre 1994) ou le psychiatre de renommée internationale Mahfoud Boucebsi (assassiné à l'arme blanche le 15 juin 1993).

Le 12 avril 1997, vers minuit, quatre personnes en tenue civile, armées de revolvers, frappent au domicile d'Aziz Bouabdellah à Chevally sur les hauteurs d'Alger et crient: « Police, ouvrez!» Journaliste au quotidien arabophone El Alem Essiassi, Aziz Bouabdellah (âgé alors de 23 ans) est enlevé. (…). Dans cette affaire aussi, peu de journalistes se sentent concernés par la disparition de ce confrère.(…)

La honte nationale

(…) Les "militants", les plus connus du RND sont des locataires attitrés des luxueuses demeures de la résidence d'Etat du Club des pins, que d'aucuns nomment le "Jurassik Park ". Savent-ils encore ce qu'est un "Algérien nécessiteux" ? Savent-ils comment vivent lesAlgériens dans les quartiers populaires des grandes villes ? (…) Non, ils ne savent rien de tout cela. Ils sont coupés du monde qui les entoure. Isolés dans leur propre pays, ils ne sortent accompagnés de leur escorte que pour se rendre à leur bureau. On ne les a jamais vus se promener seuls dans la rue en compagnie des Algériens normaux, ni partager "leurs nécessités ". La création du RND est une insulte à l'intelligence et à la mémoire collective des Algériens », écrivait Sâad Lounes dans l'éditorial du quotidien El Ouma du 5 avril 1997.

(…) La réaction des autorités à ce texte osé ne se fait pas attendre. Le mercredi 9 avril 1997, un huissier se présente à l'imprimerie Sodipresse (unique imprimerie privée de la presse algérienne) pour signifier la saisie des biens de l'imprimerie et la mise sous scellés de la rotative. (…) . Le procureur rappelle le chef de brigade pour l'informer que Sâad Lounes était recherché par mandat d'arrêt du tribunal de Cheraga, dans l'Algérois, pour émission de chèque sans provision, qu'il transmet par fax. Le journaliste est alors emmené sous bonne escorte et présenté au procureur de Cheraga qui, après plusieurs consultations téléphoniques avec ses chefs, place Sâad Lounes sous mandat de dépôt à la prison d'El Harrach. (…) A l'audience du 28 avril 1997, le directeur d'El Ouma est condamné à trente mois de prison ferme. Rejugé en appel à la cour de Blida, après plusieurs audiences, Sâad Lounes est libéré le 15 juin 1997.

Entre-temps, peu de voix parmi la presse algérienne se sont élevées pour stigmatiser ces dépassements. Ce n'est pas le cas quand certains journalistes proches d'un clan du pouvoir ont ce genre de problèmes. « ( ... )

Le règne intempestif des coups de fil

(…)

Il arrive aux journalistes de la télévision algérienne de couvrir des activités au siège du ministère de la Défense. Les images recueillies sur les lieux sont systématiquement visionnées et coupées avant qu'elles ne passent à l'écran. (…) Mais pourquoi les journalistes de la télévision ne réagissent-ils pas à ces directives qui biaisent leur travail et leur enlèvent toute crédibilité? (…) ces «fonctionnaires » profitent du système: logements et terrains à bâtir sont mis à la disposition des plus « serviles ». Ceux qui, peu nombreux, sont réticents devant ce processus de normalisation autoritaire peuvent être inquiétés s'ils ont, par exemple, un problème avec le service militaire.

Ces pratiques se retrouvent aussi dans le secteur de la presse privée. Ainsi, les éditeurs de ces publications dites indépendantes reçoivent régulièrement des logements de la part des autorités qu'ils distribuent, à leur tour, à leurs protégés s'ils ne les vendent pas au prix fort dans un pays où la crise du logement fait des ravages. Après l'assassinat, le 18 octobre 1993, de Smail Yefsah, journaliste à la télévision, ses confrères de l’ENTV avaient, par miracle, réussi à rédiger un communiqué dans lequel ils disaient qu'ils voulaient simplement faire leur métier sans prêter main forte aux deux principaux belligérants de la crise algérienne, mais aucune suite n'a été donnée à ce texte.

(…)

Descente à l'hôtel

(…) C'est la fin du mois de février 1997 et la création du RND, parti présidentiel, occupe les débats. Deux jeunes hommes, bien habillés, descendus d'une voiture de luxe, se pointent à la réception de l'hôtel et demandent à voir Fayçal Métaoui, journaliste au quotidien El Watan. (…) Fayçal Métaoui fait ses bagages, accepte de prendre quelques sous, rapidement ramassés par les collègues, et prend place dans la voiture de luxe des deux beaux gosses. Direction: la prison militaire de Blida. (…). Fayçal Métaoui est ensuite envoyé dans la caserne d'Ain Arnet, près de Sétif, pour effectuer son service militaire. Considéré comme insoumis, à l'instar de millions de jeunes de son âge, Fayçal Métaoui, né en 1968, est incorporé [A l’instar de Mohammed Laâgueb et Fouzi Sâadallah, journalistes de l’hebdomadaire arabophone El Houria. ] au sein de l'armée à cause de ses écrits dérangeants. Dans son cas, ce sont même des journalistes d'El Watan qui se sont rapprochés du DRS pour permettre son incorporation au plus vite. Après dix-huit mois passés à Ain Arnet et Bechar, Fayçal Métaoui reprend sa place dans la rédaction d'El Watan.

A bien des égards, il représente, avec certains de ses collègues dans d'autres rédactions, la force de la presse algérienne. N'ayant jamais fait l'école du « tout va bien » (c'est-à-dire l'austère El Moudjahid), lui et ses semblables recherchent le maximum de liberté d'expression et d'indépendance malgré les nombreux écueils que les éditeurs et le pouvoir ne cessent de dresser sur leur chemin. Fayçal Métaoui fait partie des rares journalistes qui ont essayé de parler des droits de l'homme et des disparus au moment où tout le monde ne cherchait qu'à se taire et éviter ainsi les problèmes, D'autres jeunes journalistes ont choisi ce chemin sinueux malgré leurs conditions de vie souvent déplorables. Ils sont, à bien des égards, à saluer.

(…)
Les marchands d’armes

Le mardi 26 octobre 1999, le quotidien Liberté ne prend pas de gants pour attaquer ouvertement Amnesty International. A la une de ce journal et dans son éditorial, la publication appartenant au milliardaire Issad Rebrab accuse l’ONG d’être un marchand d’armes. Sous la plume de Nacer Belhadjoudja, Liberté écrit que, selon Le Canard enchaîné du 20 octobre 1999, Amnesty International et l'ONG Agir Ici «sont directement impliquées dans le génocide au Rwanda. Elles ont joué un rôle dans la livraison d'armes avec la complicité d'organismes officiels ». L'éditorial, signé par Outoudert Abrous, un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Culture et de la Communication, abonde dans le même sens.[Omar D : Détournement de sens et malhonnêteté intellectuelle de niveau de caniveau] En réalité, dans l'article « Des états d'armes inquiétants », le Canard enchaîné n'a nullement développé de telles thèses. « Des tonnes de fusils, de pistolets, de mitrailleuses, de munitions françaises ont atterri au Rwanda entre 1988 et 1994, dans des conditions plus proches du trafic d'armes que du commerce officiel. Avec l'aide de deux ONG, Amnesty International et Agir Ici, l'Observatoire des transferts d'armements a publié, fin septembre, un passionnant rapport que personne n'a, semble-t-il, pris le temps de lire. Or, il devrait faire grincer quelques dents », écrivait l'hebdomadaire satirique français.

Il est donc impossible que la une et l'éditorial de Liberté soient le résultat d'une lecture erronée du Canard enchaîné. Il s'agit bien d'une désinformation délibérée au moment où Amnesty International s'apprête à se rendre en Algérie.
Ancien reporter sportif du quotidien gouvernemental Horizons, Nacer Belhadjoudja fait partie d'un groupe de journalistes qui travaillent étroitement avec le colonel Tahri Hadj Zoubir du DRS, (…)
Pratiquement tous les journaux ont un « envoyé spécial » du colonel en question.

Les aveux des capitaines

Véritable machine de guerre, L'Hebdo libéré, dirigé par Abderahmane Mahmoudi, grâce à l'argent de Mohammed Meguedem (chef du département de l'Information à la présidence de la République en 1989) a atteint, au début de l'année 1992, des tirages de 100.000 exemplaires. L'hebdomadaire en question ne se gêne pas pour développer un discours haineux. « Il est inutile de vouloir nier que deux peuples s'y côtoient encore, mais ne s'y rencontrent plus. Un peuple de retour au passé et du conservatisme le plus féroce et un peuple du progrès et de la modernité. Aucun point commun ne lie plus ces deux sociétés. Aucun référent culturel ni politique. Aucune règle de convivialité ne saurait maintenant rassembler autour d'une même table deux sortes d'Algériens qui se considèrent comme totalement étrangers les uns par rapport aux autres. Que ce soit par l'habit, les formules de politesse ou les rites sociaux, tout au contraire pousse à la différenciation et au rejet mutuel », écrit Abderahmane Mahmoudi dans le numéro du 7 janvier 1993. [O.D : Mahmoudi = ancien collabo à el-Moudjahid-’’Pravda’’, puis dans une revue de l’armée et dans l’étatique Algérie Actualité]

Abdelkrim Djaâd estime dans la même publication que « les deux peuples vont s’entre-tuer ». (…) « en oubliant de considérer les réalités, le pouvoir, les candidats, les partis, et les électeurs intelligents sont tous coupables d'avoir contribué à la tenue de ces élections ». (…) comment on a osé donner aux Algériens la possibilité de voter « dans un pays où un adulte sur deux ne sait même pas lire un chiffre » ! Abderahmane Mahmoudi parle d'affrontement quelques jours avant l'assassinat de Mohammed Boudiaf. « Modernistes d’un côté, traditionalistes de l'autre, les Algériens en viendront assez rapidement à régler leurs problèmes identitaires par des moyens pas nécessairement pacifiques. (...) Commandos contre commandos, chacun imposera le respect de ses convictions, les armes à la main », (…). «Si bataille il y a, ce qu'à Dieu ne plaise, elle sera violente, sanglante, meurtrière et parfaitement inutile. Et ce ne seront ni les commandos d’Afghans, ni les commandos progressistes qui souffriront le plus. Les écrans de télévision nous renvoient déjà les larmes des mère et des enfants innocents qui ne comprendront jamais qu'on puisse tuer pour faire semblant de vivre », (…)

Ancien capitaine du DRS (…) Aissa Khelladi est l'un des premiers journalistes à envisager un coup d'Etat au début de l’année 1992. (…)

Ancien membre fondateur du quotidien régional ElAcil, Hichem Aboud est également un capitaine du DRS. (…)

Précarité et absence de droits

Placardé sur les murs de la Maison de la presse Tahar Djaout, un tract du SNJ (Syndicat national des journalistes) appelle, au début du mois de mars 2000, les professionnels de la presse à se mobiliser pour faire respecter leurs droits. «Les journalistes et travailleurs de la presse connaissent aujourd'hui une situation socio-professionnelle lamentable, marquée par la précarité et l'absence de droits élémentaires. (…) Nombreux sont les éditeurs qui violent allègrement la législation du travail. Ainsi, des salariés sont embauchés sans contrat de travail ou avec des contrats qui ne sont pas conformes à la réglementation. Des éditeurs emploient des travailleurs au noir c'est-à-dire sans les déclarer à la sécurité sociale et à la Caisse nationale des retraites. Ils ne leur délivrent pas de fiche de paie. Quand ils le font, ces dernières ne sont pas conformes à la loi. Certains éditeurs emploient des "stagiaires " qu'ils paient largement en-dessous du SMIG et qu'ils font en réalité travailler comme permanents. Dans certains cas, les salariés font les frais de conflits opaques entre éditeurs ou d'une mauvaise gestion et ne sont pas payés durant des mois. Alors qu'ils engrangent d'énormes profits, les éditeurs (à quelques exceptions près) ne prennent pas en charge, ou le font de manière très insuffisante, les questions d'hygiène, de sécurité et de médecine du travail », estiment les animateurs du SNJ.

Au bout d'une dizaine d'années de pluralisme médiatique, un fossé s'est creusé entre les éditeurs, propriétaires des titres, essentiellement issus de la presse publique, et les journalistes. En un temps record, les éditeurs qui ont accepté les règles du jeu établies par les décideurs se sont fait des situations enviables. Durant toutes ces années de violences multiples, beaucoup de journalistes n'étaient même pas inscrits à la sécurité sociale. (…)«Face à leurs employés, certains éditeurs établissent des rapports empreints d'un autoritarisme d'un autre âge. Sûrs de leur impunité, ils se conduisent comme des roitelets qui bafouent la dignité élémentaire des salariés ainsi que la législation du travail. Les journalistes et les travailleurs de la presse qui osent défier cette toute-puissance des éditeurs risquent tout simplement de perdre leur travail », peut-on lire dans le tract du SNJ. Pour le animateurs de ce syndicat, affilié à la Fédération internationale des journalistes (FIJ), cette situation inique doit cesser, « Il n'est plus question de tolérer que des patrons de presse, qui dénoncent dans leurs journaux les atteintes à l’Etat de droit lorsque celles-ci sont le fait des autorités, bafouent eux-mêmes la législation du travail», ajoute la déclaration du SNJ. (…)
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Immunité médiatique

Le 27 mai 1998 Lila H. est à son travail au siège de wilaya du RCD, situé à la Rue Didouche Mourad d'Alger. Vers 14 heures, Hocine Nia, député et vice-président du parti, accompagné d'un député du RND font leur entrée. Après les présentations d’usage, le député du R N D, raconte Lila, « se rapproche de moi et me demande de faire l’amour avec lui» [Propos publiés par les quotidiens L’authentique et El Alem Essayassi en mai 1999]. La jeune fille est secouée et attend une réaction de la part de Hocine Nia qui ne vient pas. « J’avoue que je ne m’attendais pas à entendre de telles obscénités à mon encontre dans le siège du parti et encore plus devant mon deuxième vice-président qui n’a réagi à aucun moment », affirme-t-elle. La jeune fille rédige alors, le jour même, un rapport qu'elle adresse au président du bureau national du parti à Alger, au secrétariat national et au premier vice-président du parti. Aucune réaction.

Lila tente une seconde série de recours adressés, cette fois-ci, à la commission nationale de discipline, au docteur Saïd Sadi, président du RCD, et à Khalida Messaoudi, troisième vice-présidente du parti et chargée de la condition féminine. Au même moment, les militants de base du RCD entament un mouvement de fronde, matérialisé par une pétition. Au bout de la 74e signature, Lila H. se fait convoquer par Amara Benyounes, premier vice-président du parti. Après avoir écouté ses doléances, l'actuel ministre de la Santé lui signifie qu’ « il n’y aura pas de problèmes à condition qu’elle arrête la pétition et qu’elle calme les militants ».

Mais avec la mort de Matoub Lounes, l'affaire de Lila H. est complètement oubliée. Elle est même classée. « il n’y a eu ni commission de discipline, ni droits de femmes, ni militantisme, ni justice, ni démocratie au sein du RCD » estime-t-elle. En décidant de rendre publique son affaire, la jeune militante du RCD se rapproche de la presse dite indépendante, mais elle comprend vite que le RCD dispose d'une certaine immunité médiatique. Seuls les quotidiens El Alem Essayassi et L’Authentique acceptent de parler de son affaire au mois de mai 1999. « Si j’ai pris la décision de rendre cette affaire publique, c’est pour informer l’opinion de la réelle vérité des personnes qui se réclament être les les leaders de la démocratie » , souligne Lila H.

Friday, January 06, 2006

La presse co-interroge et: points de vue de ADDI.L

ALGERIA WATCH Témoignage
27- Juin 2005 Ahmed Cherbi, enlevé et torturé en 2002 pour confirmer la version officielle de l'assassinat de Lounès Matoub
Observatoire des droits humains en Algérie (ODHA), Témoignage recueilli en février 2005

Je travaillais dans un parking de voitures tout à côté de l'hôpital à Tizi-Ouzou. Le 27 février 2002 à 11h 30 j'ai vu une voiture arriver. L'ami qui travaillait avec moi a vu trois voitures. Deux hommes en civil en descendent et se dirigent vers moi. Chacun me prend par un bras et ils m'ordonnent de les suivre. A ce moment je ne sais pas qui sont ces hommes, sont ils des policiers, des gendarmes, des hommes de la Sécurité militaire? Ils ne m'ont rien dit d'autre, ne m'ont pas annoncé que j'étais en état d'arrestation (…) On m'a enlevé la cagoule. Les trois qui m'ont arrêté sont dans la pièce, l'un d'entre eux s'appelle Kader, il est de Ain-Defla. C'est un agent du DRS et c'est lui qui me torturera. Un monsieur entre avec un gros dossier entre les mains. Il ferme la porte derrière lui et c'est là que je vois que derrière cette porte est accrochée une tenue militaire de combat. Et je comprends que je me trouve au secteur militaire. (…) Ils me montre des petites cassettes vidéo, et il me dit: "ce sont des cassettes de Matoub, veux tu les voir?". Je réponds: "que vais-je faire avec?". Il me dit: "Je vais t'envoyer à Alger, tu as du travail avec les gens d'Alger, sois un homme. Tu collabores avec eux, ensuite ils te relâcheront et tu reprendras ton travail". Je répète que je n'ai rien fait, que je veux rentrer à la maison." Mais rien à faire, ils ont décidé de m'emmener à Alger. On me ramène dans la cellule où je suis enfermé pendant trois jours. Je n'ai pas eu à manger, ni à boire. Ce n'est que le samedi matin que Kader m'en sort. Il me bande les yeux mais je vois un peu par en haut et en bas. Quand il s'en rend compte il me met un sac noir sur la tête. (…) En réalité je me trouve au CTRI de Blida à Haouch Chnou. Ils me font entrer dans une pièce et me "cuisinent". Le colonel M'henna Djebbar y est. A ce moment je ne sais pas qui est cet officier. Je raconterai plus tard comment j'ai su qu'il s'agissait de lui. Il veut que j'avoue avoir vu les assassins de Lounès Matoub. Les militaires me montrent les photos de cinq personnes: Medjnoun, Chenoui, Boudjelah, Moufouk, Djebiri Djamel, Deux sont en prison, les autres ont été abattus. Ils veulent me faire dire que le jour de l'assassinat, mon père et moi nous nous trouvions sur place et qu'à 13h 13mn on aurait entendu des coups de feu et vu comment ces cinq personnes avaient tué Matoub. Je n'avais jamais vu Chenoui, je l'ai rencontré pour la première fois plus tard en prison. J'ai dit que je ne pouvais dénoncer des gens que je ne connaissais pas du tout (…). Il y a un autre civil qui s'avèrera être un député du RCD, Nourredine Ait-Hammouda, mais à ce moment, je ne sais pas qui il est. Il me parle en kabyle. Il me demande "pourquoi tu ne dis pas ce qu'on te dit de dire, tu sais que ceux qui entrent ici n'en ressortent pas. Si tu veux sortir, tu dis ce qu'ils veulent, tu fais un témoignage, il y a des journalistes ici, tu leur parles et leur fais comprendre, ils répercuteront ce que tu as dit. Tu passeras devant la justice, tu leur dis la même chose et il n'arrivera rien. Ensuite on te donnera ce que tu veux. Tu veux un visa, on te le donnera, tu veux une maison, on te la donnera, enfin tout ce que tu veux, tu l'auras. Cela faisait 17 jours que j'étais chez eux (…) Le lendemain quand ils m'ont sorti de ma cellule, il m'ont présenté à Djebbar, la médecin est venue, elle m'a refait une piqûre et de retour dans ma cellule, ils ont de nouveau introduit cette fumée. Je me voyais avec ma mère, mon père, mes cousins, à l'oued, je suis un peu partout. Sur le tuyau il y avait comme un petit micro. Je ne sais pas si dans cet état je parlais. Ils m'ont emmené de nouveau chez Nourredine Ait-Hammouda, Djebbar aussi était là. Dans la pièce il y avait deux journalistes et une caméra. Je leur dis que je veux partir: "cela fait 30 jours que je suis là, je ne peux pas faire de faux-témoignage, pourquoi ne me laissez-vous pas partir? (…) Toujours est-il que j'étais dans un état second, je ne sais pas si c'est l'effet de la piqûre ou de la fumée mais je faisais ce qu'on me disait de faire, on me demandait de me déshabiller, de me lever, de m'asseoir, je le faisais sans résistance. J'étais comme dans un état second. Deux jours plus tard environ ils m'ont fait entrer dans une pièce dans laquelle il y a un rideau avec une chaise devant. Sont présents Djebbar et deux journalistes. L'un des hommes qui se fait appeler Mohamed me dit ce que j'ai à faire. Il m'explique qu'ils vont enregistrer deux cassettes, l'une en arabe et l'autre en kabyle. (…) Puis les journalistes me posent des questions:"Pourquoi tu n'as pas été à la gendarmerie pour dénoncer les coupables?" Je réponds: "J'avais peur parce que mon père m'a interdit de le faire." Puis le commentaire du journaliste: "Après quatre années d'investigation, les forces de sécurité ont enfin pu trouver ces témoins qui confirment la culpabilité des suspects" En fait c'était un scénario pour dédouaner l'armée et faire porter la responsabilité de l'assassinat de Lounès Matoub aux terroristes. J'ai donc fait la cassette en arabe et en kabyle. C'est cet homme appelé Mohamed qui m'ordonne ce que je dois dire. Il y a aussi deux autres militaires qui mettent la pression. Puis une fois l'enregistrement achevé, ils me ramènent dans la cellule. Et là, c'est Ait-Hammouda qui vient, me félicite et me remet une table de chocolat. Il me conseille de dire la même chose devant la justice. A ce moment, je ne sais pas ce que veut dire justice, je ne sais pas ce qu'est un procureur de la République, un juge d'instruction. En fait je me demande si j'étais dans mon état normal en faisant cet enregistrement. (…).le 16 juin. J'étais inculpé pour "non dénonciation de l'assassinat de Lounès Matoub". Quand je lui ai raconté qu'on m'avait séquestré pendant 40 jours, torturé et forcé de faire de faux aveux, il m'a dit de ne pas raconter cela, de répéter ce que les gens de la SM exigeaient de moi. Il essayait de me persuader que j'étais jeune, que si je ne faisais pas un faux témoignage je resterai 10 ans en prison. Mais j'étais décidé de ne pas faire de faire de faux témoignage. (…) Deux semaines après le procès j'ai quitté le pays. J'avais déjà fait une demande de visa et heureusement c'est allé très vite. Je suis en France maintenant.
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Interventions de LAHOUARI ADDI sur le forum Wled Wahran en 2003 :
http://membres.lycos.fr/wahranforums/viewtopic.php?t=641

Je suis de ceux qui disent qu'en Algérie il n'y a pas de liberté de presse. Si la presseétait libre, notre débat aurait pour cadre El-Watan ou Le Matin. Mais les journaux algériens sont surveillés et il y a des Jjournalistes qui entrent dans le jeu des clans, ce qui donne l'apparence de liberté. Il est permis de critiquer les islamistes ou Bouteflika, mais pas ceux qui détiennent le pouvoir réel, ceux qui ont le pouvoir de lier et délier. Regarde cette affaire de Khalifa. Il n'y a pas un seul article d'investigation. Des milliers d'Algériens ont été ruinés. Il y a déjà eu de nombreux suicides. La crédibilité des banques est entamée; les dommages à l'économie nationale sont immenses. L'Etat ridiculisé et bien sûr pas de coupable. Si le FMI ne surveillait pas, la blanche à billets aurait couvert le déficit qui aurait été financé par l'inflation, c'est-à-dire par l'augmentation des prix au détriment des couches populaires.

Aucun journaliste ne pourrait s'aventurer à faire une enquête sur les mécanismes qui ont conduit à la faillite car derrière Khelifa, il y a Larbi Belkheir et le général Smaïn Lamari. La SM, ou plutôt une branche de la SM puisque c'est Tewfik qui a mis fin à l'entreprise pour mettre en difficulté ses concurrents. Il faut parler et ouvrir le débat. C'est un droit et c'est un devoir aussi. Le régime algérien ne tient que par l'opacité et si l'opacité est déchirée, il tombera comme un fruit mûr.
La presse algérienne, surveillée et noyautée par la SM, fait plus de publicité aux kabyles séparatistes qu'aux kabyles qui ont la tête sur les épaules. C'est de bonne guerre: diviser pour régner.

Je vous propose mon point de vue et soyez sûrs que le général Lamari le lira dans les 24 heures. C'est bien car aucun journal algérien n'oserait publier une telle réflexion. Dans la culture des pays sous-développés, le chef est sacré et il est au-dessus de la critique. Si les journaux algériens critiquent avec autant de ferveur Bouteflika, c'est parce qu'il n'est pas le chef, ou plutôt comme disent les jeunes, c'est un chef "taïwan". Lamari est le vrai chef, le seul problène est qu'il ne veut pas l'assumer publiquement.

La primauté du militaire sur le politique ou les contradictions entre la forme et le fond
La récente interview du général-major Mohamed Lamari, donnée au journal égyptien Al-Ahram, laisse perplexe à plus d’un titre. Se présentant sous un visage plus sympathique que d’habitude (le général craint les remarques de sa femme quant à la réalité de sa fiche de paie), Mohamed Lamari a cherché à montrer que l’armée algérienne est sous les ordres du président de la République comme dans n’importe quel Etat de droit de l’hémisphère Nord. Mais peine perdue, car tout dans l’interview, démontre le contraire dans la forme et dans le fond. Qu’un officier supérieur en activité donne une interview à un journal étranger en parlant de politique intérieure et en adressant des critiques à peine voilées au Chef d’Etat en exercice montre qu’il est politiquement supérieur à ce Chef d’Etat. C’est ce qu’a d’ailleurs a compris la presse algérienne qui commente en première page, et à travers plusieurs articles, les déclarations de Mohamed Lamari. Le dernier discours de Bouteflika à Blida n’a pas eu autant de commentaires de la part de la presse écrite. Autre différence de taille, aucun journal n’a fait la moindre critique au général alors que le discours de Bouteflika a subi le feu de la critique de la presse. Ce traitement différent indique que Lamari a plus d’autorité que Bouteflika, c’est-à-dire qu’il suscite plus de crainte. Il est le véritable chef, et en pays sous-développé, on ne critique pas le chef. On critique les subordonnés qui n’appliquent pas correctement les directives du chef, et c’est pourquoi Bouteflika est critiqué. Il lui est reproché de ne pas être éradicateur comme l’est le chef. En réalité, Bouteflika n’est ni éradicateur ni réconciliateur ; il est opportuniste, cherchant à exploiter à son profit personnel les aspirations à la paix de la population. Le général Lamari pourrait répondre que ce n’est pas de sa faute si la presse algérienne le respecte plus que le président Bouteflika. Mais dans l’interview, il se place au-dessus de lui, puisque il critique les ministres successifs de l’intérieur pour ne pas avoir fait leur travail. Dans les Etats de droit de l’hémisphère Nord, un ministre est formellement supérieur à un chef militaire dans la hiérarchie politique. Seul le chef du gouvernement ou le président peuvent critiquer un ministre. Ce fait à lui seul montre que la presse écrite ne se trompe pas quand elle traite le général Mohamed Lamari pour ce qu’il est, c’est-à-dire le vrai chef. Bouteflika n’est que « navet sur le couscous », comme on dit chez nous.
Le général Lamari parle avec autorité de politique intérieure et établit des lignes rouges à ne pas dépasser. Alors que seul le président est autorisé à parler de lignes rouges à ne pas dépasser. Le général ne peut nier qu’il est un homme politique, surtout lorsqu’il ne dit que la moitié de la vérité. Il est vrai que l’armée algérienne ne fait pas de politique institutionnellement car les chefs d’unités opérationnelles (capitaines, commandants, colonels…) ne sont pas impliqués dans la vie politique formelle. Heureusement. Mais le général Lamari passe complètement sous silence les activités de la Sécurité Militaire (DRS, DCE, DCSA…) dans la société civile. De deux choses l’une : ou bien la SM ne dépend pas de l’Etat-Major, ou bien elle en dépend formellement mais elle lui échappe réellement. Dans ces conditions, il faut se demander de qui dépend la SM ? Pour n’avoir pas évoqué l’existence de la SM, le discours du général Lamari perd toute crédibilité. Il devient un discours politique ordinaire produit par un homme politique ordinaire cherchant le soutien de la population à sa politique. En conclusion, l’interview du général-major Mohamed Lamari confirme encore une fois le mot de l’historien Mohamed Harbi : « Les Etats ont une armée ; en Algérie, l’armée a son Etat ». Mohamed Lamari, en sa qualité de chef d'Etat-Major, a parlé de son Etat. Donnons-nous rendez-vous à la prochaine interview pour voir si les tirs seront rectifiés. Respectueusement, mon général
Lahouari Addi
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Le Matin, Liberté et El Watan je ne les lis pas. Je lis Le Quotidien d'Oran, et j'ai constaté que ces derniers mois qu'il a perdu de sa liberté de ton. Je suppose que le colonel Zoubir leur a demandé de rester dans les rangs, sinon la manne publicitaire leur sera fermée. Sur ce point, il faut savoir que c'est l'ANEP, organisme d'Etat, dirigé par le colonel Hadj Zoubir, ancien responsable chargé de la presse à la SM, qui distribue les pages publicitaires aux journaux. C'est ainsi que la SM verse des millions de dinars par mois aux journaux en prélevant sur les entreprises d'Etat. C'est pourquoi les journaux font de l'excès de zèle pour courtiser les militaires et insulter l'opposition. Dans un Etat de droit, cela s'appelle de la corruption.
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Vous dites que je parle de Bouteflika comme le journal Le Matin. Le Matin est protégé par la SM pour attaquer Bouteflika, autrement comment expliquer qu'un journaliste puisse insulter un président? Mais c'est ce que je reproche à Bouteflika, c'est de se laisser insulter sans égard à sa fonction. En mai dernier, j'ai été tellement ulcéré par un article de Benchicou contre Bouteflika que je lui ai répondu. Je ne défendais pas Bouteflika, je défendais la fonction. Il faut critiquer la politique du président, pas l'homme ni la fonction.
Concernant la presse, la « liberté » dont elle dispose, insultant à longueur de journée le président, n’indique pas que Bouteflika est attaché à la démocratie. Elle indique seulement qu’il accepte que la SM l’insulte par organes de presse interposés. Et c’est précisément ce que, personnellement, en tant que citoyen privé, je lui reproche. Il n’est pas à la hauteur de défendre la fonction présidentielle qu’il exerce. Il n’est pas ‘hrach’, comme on dit chez nous, avec Tewfik Médiène. Il est doux comme de la soie avec lui, alors que Tewfik Médiène mérite d’aller vendre du persil comme Ali Benhadj, à Guenzat..
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Selon mes sources, d'Alger … Inès Chahinez qui s'attaque à Bouteflika c'est Benchicou. C'est lui qui écrit ces papiers et il signe Inès Chahinez. Mais même si c'est faux, cela revient au même car les attaques sont si graves qu'il en porte la responsabilité comme directeur de publication. L'affaire est intéressante pour nous et elle nous renseigne sur la nature du régime algérien dont les clans se déchirent par presse interposée.
Ce que je trouve regrettable, c'est que Benchicou qui se dit démocrate entre dans ce jeu pervers. Si Benchicou critiquait avec autant de verve ceux qui ont torturé des milliers d'Algériens et qui en ont fait disparaïtre 17 000 selon les chiffres du gouvernement, les démocrates le soutiendraient. En Algérie, les lecteurs ne sont pas dupes. A travers les attaques de Benchicou, Bouteflika apparaît comme l'homme droit que les corrompus veulent abattre
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L’affaire Chahinez-Bouteflika.
Selon ce qui se dit à Alger, c’est une affaire qui oppose les généraux Lamari Mohamed et Tewfik Médiène à Bouteflika. Ils ne veulent pas qu’il se représente pour un deuxième mandat parce qu’ils n’ont pas confiance en lui. Ils le soupçonnent de les préparer pour le Tribunal Pénal International après leurs retraites afin de devenir populaire. Le général Médiène donne des informations explosives sur l'entourage du président à Benchicou qui fait des papiers sous le pseudo de Chahinez Inès. Des milliards détournés, dont une grande partie en devises. La question qui se pose est pourquoi les généraux en question ne saisissent pas la justice ? Ils ne le font pas car eux aussi ne sont pas propres et ont beaucoup de choses à se reprocher et que Bouteflika sait. S’il est attaqué en justice, il risque d'évoquer les massacres de villageois à Bentalha, Rais et Remka (800 morts). Ils font pression sur lui juste pour qu’il renonce au deuxième mandat mais ils ne lui veulent pas de mal car il peut leur faire mal. Affaire à suivre.
Pour se maintenir, le régime cherche des relais dans la société, et à certains il leur demande de jouer le rôle de l'opposition. Parmi ces relais, il y a la presse que le pouvoir tient de plusieurs façons. Premièrement, certains journalistes connus sont des éléments des services. Il y a en plus des journalistes indicateurs qui donnent des informations sur leurs collègues. Et enfin, il y a l'ANEP qui distribue des millions de dinars par mois aux journaux sous forme de pages publicitaires. Les journaux qui publient des articles non conformes aux vœux du pouvoir seront menacés par l'ANEP dirigé par un colonel de la SM, Hadj Zoubir.
La ligne du journal Le Matin est de s'allier au diable s'il le faut contre les islamistes. C'est ce que je conteste car dans ce cas, le diable a tué autant sinon plus que les islamistes. Il faut défendre des principes et affirmer positivement son identité politique. Par exemple, dire: je suis contre ceux qui tuent. Si c'est des islamistes, je suis contre, si c'est des généraux, je suis contre. C'est ce que j'appelle une identité politique positive. La ligne du Matin va mener le journal vers des marécages car attaquer un clan du pouvoir en jouant les blondes aux yeux verts, c'est accepter d'être sous la protection de l'autre clan, ce qui n'est pas sain, car ce clan traîne des boulets sanglants aux pieds.
Quant à qui est démocrate en Algérie, je pense qu'il y a des potentialités énormes mais elles ne s'exprimeront que si la SM est dissoute. Des milliers de gens sont sur ma ligne, y compris dans l'armée, mais ces gens vivent au pays et ils n'ont pas la possibilité de s'exprimer.
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Sur les journalistes assassinés, les trois quarts ont été assassinés par les services de Smaïn et Médiène selon de nombreuses ONG de droits de l'homme. L'accusation est grave mais il n'y a qu'une seule manière de disculper les généraux Mohamed Lamari, Tewfik Médiène et Smaïn Lamari, c'est la commission d'enquête internationale. A cet effet, Amnesty International lance une pétition pour une commission d'enquête internationale en Algérie, adressée au général Tewfik Médiène et le président Bouteflika. Elle se trouve sur le site d'Algeria-Watch. Je l'ai signée personnellement car quand il s'agit du respect des droits de l'homme et de la vie humaine, il ne faut pas hésiter à dénoncer que ce soit les généraux ou les islamistes. C'est important pour le futur de la démocratie et la construction de l'Etat de droit en Algérie.

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Médiène-Benchicou-Chahinez continue d'attaquer Bouteflika sur la gestion des deniers de l'Etat. Il (ou elle car il y a des doutes sur le sexe de Chahinez) a raison de critiquer la mauvaise gestion et le détournement de fonds, mais ces attaques ne sont pas crédibles car le pouvoir exécutif a toujours géré les finances publiques dans l'opacité et en en dilapidant une grande partie. Ce n'est pas propre au clan du président. Les clans adverses sont pire dans la gestion des finances du pays. Il faut que Benchicou demande à son copain Médiène pourquoi Air Algérie, dont le tiers des billets est vendu en devises et dont les avions ont un des meilleurs taux de remplissage du monde, est déficitaire! Benchicou ne fait qu'à moitié son boulot de journaliste. Il faut qu'il demande à Chahinez d'enquêter sur la gestion des fonds publics par les autres clans du pouvoir. Et aussi qu'elle enquête sur les massacres de Bentalha, les mutineries des prisons, les disparus...
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Vous ne ferez croire à personne qu'en Algérie, la presse est à ce point libre et qu'elle attaque de manière si virulente un président en exercice avec impunité. A ce rythme, vous allez nous faire croire que c'est la presse qui a chassé du pouvoir Betchine et Zéroual. Comment expliquer alors ce phénomène? L'explication est toute simple. Le général Médiène donne des garanties à Benchicou pour ne pas craindre la justice (elle échappe au président) et lui donne des informations. Pour que cela fonctionne, il faut que l'information donnée par Médiène soit vraie, sinon, cela ne marcherait pas.
FIN DES COMMENTAIRES DE LAHOUARI ADDI
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La Tribune Mercredi 27 août 2003

Les leçons oubliées
Par Abdelkrim Ghezali
La presse est dans l’œil du cyclone, mal aimée, maltraitée, mal vue et semble se complaire dans cette situation d’éclatement, d’atomisation des forces, de clivages politiques imposés certes par un contexte inédit, mais défavorable aux intérêts matériels et moraux de la corporation et de la profession. Les professionnels de l’information n’ont jamais été aussi divisés que durant ces dernières années. Face au terrorisme, aux harcèlements des pouvoirs publics, à toutes les formes d’atteinte à la liberté de la presse, la corporation a su dépasser ses différends, ses divergences et a fait preuve d’une solidarité inégalée et sans faille. Pourtant, après la mort du MJA et de l’AEJ, la corporation, journalistes et éditeurs, n’ont pas réussi à se doter de structures représentatives, crédibles, combatives capables de transcender les calculs politiciens, partisans et de groupes. Manifestement, la corporation n’a pas sa propre vision de ses intérêts collectifs, ni sa propre démarche dans le contexte national pour l’adapter chaque fois aux évolutions qui interviennent, aux rapports de force fluctuants et à la réalité du poids de la presse dans la société. La liberté, la justice, l’Etat de droit, la démocratie, la légalité… sont des combats permanents qui nécessitent des mobilisations, une organisation et des moyens dont la presse ne dispose pas. En fait, la corporation refuse de se donner les moyens de ses ambitions de faiseuse d’opinion, de contre-pouvoir, de gardien de la morale dans la gestion des affaires publiques, d’incorruptible, au-dessus de tout soupçon, loin des cercles occultes et des officines où se trament les complots de toutes sortes, de défenseuse de la veuve et de l’orphelin, de voix du peuple, des déshérités, des laissés-pour-compte, de chantre de la démocratie et des libertés, de toutes les libertés, du droit à la différence… La liste de nos prétentions est longue. Celle de nos rêves ensevelis sous le poids de nos égocentrismes l’est encore plus. Les différents courants qui traversent la corporation sont incapables de se supporter, de cohabiter et de fédérer en permanence autour d’une cause commune. Notre colère est épisodique, cyclique comme une tempête qui se lève et se calme comme si de rien n’était. Personne ne nous prend au sérieux, parce que nous-mêmes, nous ne nous prenons pas au sérieux, parce que nous ne savons pas quoi défendre au juste, ni qui défendre au juste, parce que nous ne nous sommes jamais entendus sur des principes clairs, communs, indiscutables, immuables. La réalité est loin de ce rêve. La réalité est plutôt ce cauchemar dans lequel nous nous complaisons. Il n’est donc pas étonnant que la presse soit dans cet état de déliquescence et de défaite permanente. Nous ne savons pas tirer les leçons de nos expériences pour que nos échecs ne soient pas une fatalité à léguer aux générations futures.
A. G.
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Wednesday, January 04, 2006

Ecrits imposteurs et nauséabonds

Extraits de : « Bouteflika, une imposture algérienne »
(Ed : Le Matin- 12-2003)

Un libellé commandité, écrit par l’imposteur Mohamed Bentchicou.,
« rédacteur en chef du premier journal indépendant algérien, Alger-Républicain »

« Un ouvrage plus nauséabond que sulfureux »
(Le Monde – 04-2004)

Extraits :

« Boumediène fera le dictateur sur l’insistance de Bouteflika »

« Dans sa folie revancharde, le chef de l’Etat (Bouteflika) n’a à aucun moment réalisé que les coups portés à la hiérarchie militaire étaient encaissés par le pays tout entier, qu’ils fragilisaient autant les généraux que l’Algérie »

« Le président de la République (Bouteflika) a placé consciemment ou inconsciemment l’Algérie sous le double chantage des enquêteurs internationaux et des groupes de pression islamistes (lesquels) s’entendant pour bloquer tout progrès »

« La petite corpulence (de Bouteflika) lui vaudra le sobriquet de « mikrada » (petit singe) dont aimait à l’affubler Abdelhafid Boussouf qui commandait la Wilaya V »
[Omar Delbahia : Boussouf, héros de Bentchicou est l’assassin de Abbane Ramdane]

« Bouteflika passe par l’Espagne et l’Italie et s’y plaît. En ce début des années 1960, l’époque du twist et du cha-cha-cha, il fait bon y vivre et le jeune Abdelaziz n’a que 23 ans !… Le fêtard finira par rallier Ghardimaou avec un impardonnable retard »
« Bouteflika n’a rien su des nationalisation « jusqu’à la veille de leur annonce par Boumediène le 24 février 1971 » [ puis quatre pages plus loin]… « Boumediène décidera de nationaliser les hydrocarbures à l’insu de Bouteflika, qui ne l’apprendra que dans l’après-midi du 24 février 1971 »

« Tout le monde en convient : il y avait un contrat moral entre les deux hommes. Impénétrable. Entendu. Mystérieux. Un secret jalousement gardé par le sérail comme un pacte intime et ultime qu'il convenait de taire pour toujours. Sur quoi repose donc cette relation filiale qui, si elle a existé, aura justifié que, contre ses compagnons de guerre et de paix, Boumediène ait toujours pris le parti de Bouteflika dont il n'ignorait rien des défauts et des mérites usurpés ? La question embarrassait toujours, en 2003, les survivants d'une ère de troublantes complicités. « On ne sait pas, et je crois qu'on ne le saura jamais. En tout cas, c'est une réponse que je voudrais bien connaître avant de mourir, tranche le général Rachid Benyellès. Même les gens très proches de Boumediène, tel Djelloul Khatib, à qui j'ai posé la question, n'ont jamais réussi à percer le secret de cette curieuse connivence. »… Aujourd'hui, les officiers de l'ANP, en sont encore à s'interroger, à l'image de Khaled Nezzar: « Bouteflika s'est-il vraiment introduit comme un mauvais génie dans l'âme de Boumediène ? » Dans le doute, ils disculpent leur ancien chef en enfonçant le dauphin insatiable… De ce qu’on a fini par savoir, il ressort une curieuse vérité... ».

« Bouteflika affichait une excessive possessivité envers Boumediène…Pour garder Boumediène à lui seul Bouteflika ne reculait devant rien ».

« De nombreux témoignages rapportent de mémorables incidents entre Bouteflika et Mme Boumediène dont le plus insolite s’est déroulé à cuba quand les deux « protégés » en sont arrivés à de violents échanges verbaux pour arracher la proximité du président Boumediène ».

« Bouteflika a-t-il soigneusement entretenu cette liaison indéfinissable… l’architecture de l’Etat sous Boumediène privilégiait une incroyable atmosphère de harem ».

« La chose est maintenant du domaine public : Bouteflika est souvent sous l’effet de ses propres médicaments qui agissent effectivement sur ses réflexes, le perturbent, le transportent dans une extase…De l’avis général, l’homme souffre de cet immense manque de confiance en soi que l’on retrouve chez les personnes en quête perpétuelle du père, syndrome qui serait doublé chez Bouteflika par le complexe de l’autodidacte, l’homme étouffant constamment, par la frime, la frustration de n’avoir pas accompli d’études ».

« Cette relation très particulière à [sa] mère a conduit Bouteflika jusqu’à dissimuler aux Algériens son mariage, et [son] excessif penchant pour la voyance et le maraboutisme ».

« Cette adoration pour la mère est-elle à l’origine du célibat d’Abdelaziz Bouteflika ? »

Bouteflika a « estimé nécessaire de cacher cette union tout à fait légale… pour rester fidèle à une certaine relation mère-fils…pense M. Dehbi »

« Nous savons qu’il a fait la tournée des chouafate en 1989 et 1994 » affirme le général Benyellès.

« Il est très porté sur le gris-gris… c’est de son enfance qu’il tient cela…Sophie B. tient un cabinet…à Paris. Elle est l’une des voyantes attitrées du président algérien. Elle vient régulièrement à Alger »

« Bouteflika a formulé une exigence déconcertante à un marabout de Ghardaïa en 1995 (selon Dehbi) : « Ecrits-moi un harz qui fasse plier ma bien-aimée »

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Omar Delbahia :
Ce n’étaient là que des extraits d’un livre de plus de 200 pages identiquement fangeuses.
C’est tellement ignoble, je n’en peux plus. Je m’arrête là.